« Le siège israélien de Gaza est pire qu'avant », estime Christophe Oberlin, médecin humanitaire, qui était à Gaza début mars*. L'offensive israélienne de décembre-janvier, qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens, a entraîné de nombreux dégâts matériels. Mais le blocus maintenu par Israël à Gaza depuis que le mouvement islamiste Hamas y a pris le pouvoir en juin 2007 empêche toute reconstruction. « Le béton et le fer nécessaires pour rebâtir les infrastructures ne peuvent pas rentrer », explique Oberlin. Il cite l'exemple de l'hôpital Al-Wafah, dévasté. « Il y a de la désespérance. Pire, on sent se profiler une troisième Intifada. ». Jeudi dernier, le coordinateur spécial de l'ONU a jugé lui aussi la situation « alarmante ». Par ailleurs, dans un rapport publié hier, l'ONU affirme que la responsabilité d'Israël est engagée dans six incidents ayant causé des morts, blessures ou dégâts dans les installations des Nations unies pendant son offensive. W
Sophie Cois
* Coauteur de Survivre à Gaza, éd. Koutoubia.