SANTE - Dans le village du premier patient confirmé, on accuse un élevage de porcs exploité par un groupe américain, mais les autorités mexicaines évoquent une piste venue d'Asie...
Il s'appelle Edgar Hernandez, il a 4 ans, et c'est le «patient zéro». Ce petit Mexicain, premier cas confirmé de grippe porcine, vit dans le village La Gloria, dans l'état de Veracruz. Un village de 3.000 habitants, au beau milieu d'un immense élevage de porcs, que la mère de l'enfant accuse d'être à l'origine de la maladie de son fils.
Dans la vallée, la population se plaint en effet des conditions d'hygiène qui y sont observées. Une épidémie de pneumonie, dénoncée par les habitants depuis la fin du mois de février,
aurait même coûté la vie à deux bébés.
Selon le site d'informations américain «Grist», le premier producteur mondial de porc
Smithfield Foods, déjà condamné aux Etats-Unis pour pollution environnementale, serait mêlé au scandale. Les élevages de la région appartiennent majoritairement à une de ses filiales.
La piste chinoise
Une suspicion,
relayée dans la presse, qui a poussé le groupe américain à publier un communiqué dès dimanche, pour assurer qu'aucun symptôme de la grippe porcine n'avait été décelé chez ses employés ou au sein de son troupeau de porcs. Deux jours plus tard, un autre communiqué ajoutait que l'appellation «grippe porcine» était impropre, et précisait que le virus ne se transmettait pas par la nourriture.
Au Mexique, on s'attache aussi à éteindre l'incendie. Fidel Herrera, gouverneur de l'Etat de Veracruz, a assuré lundi que le virus ne venait pas des porcs mais de Chine, apporté par des voyageurs.
Des accusations rejetées, ce mercredi, par les autorités chinoises. Aucun cas humain n'a d'ailleurs été confirmé dans le pays, où la consommation de porc est en revanche en chute libre. C'est le serpent qui se mord la queue.
Julien Ménielle