100 jours d'Obama: «Un habile tacticien»

11 contributions
Publié le 29 avril 2009.

INTERVIEW - L'expert américain Samuel Popkin fait le point sur les débuts du président américain...

De notre correspondant à Los Angeles
 

Mercredi, Barack Obama atteint le cap symbolique des 100 jours à la Maison Blanche. Le point sur cette premier période avec Samuel Popkin, professeur de sciences politiques à l’université de Californie de San Diego et auteur du livre «The reasoning voter».

 
 

Quelle note donnez-vous à l’élève Obama pour ses 100 premiers jours?
Pour la manière dont il s’attaque aux problèmes: A (le maximum, ndlr). En revanche, B+ seulement pour sa rapidité à constituer son administration. Il aurait dû être plus efficace. Il reste encore de nombreux postes non pourvus. Ils en ont tellement fait sur la ligne «pas de lobbyistes» qu’il n’y a pas assez de monde d’expérience à la Maison Blanche pour dire oui ou non à des milliers de problèmes quotidiens. Ça pourrait devenir un problème.

 

Quel est son plus grand succès?
L’habilité avec laquelle il a fait passer le plan de sauvetage. Il a réussi à faire accepter l’idée que pour sauver le système, il fallait sauver les riches de Wall Street. Et personne dans l’opinion n’aime sauver les riches. En revanche, je ne suis pas sûr qu’il ait bien préparé le terrain pour la seconde phase, quand il s’agira d’expliquer que la réponse initiale ne suffira pas et, qu’il y a d’autres problèmes

 

Dans les échecs, certains estiment que les promesses de bipartisanisme se sont vite envolées...
C’est une erreur d’analyse. Il a tendu toutes les mains possibles, par conviction personnelle ou opportunisme. Les républicains, qui la refusent systématiquement, vont dans le mur. C’est extrêmement clair dans les sondages. La stratégie d’Obama fonctionne à merveille. Il tend l’autre joue tandis les républicains se contentent d’être passifs et de répéter «trop de dépenses». Le changement de camp du sénateur républicain de Pennsylvanie, qui a rejoint les démocrates mardi, l’illustre à merveille. Mais les autres républicains du Congrès, en place depuis des années, sont coincés dans leurs vieilles positions, préférant préserver leur légende conservatrice, quitte à couler le parti.

 

Sur les interrogatoires de la CIA, Obama a autorisé la publication des mémos mais semble plutôt vouloir tourner la page qu’entamer des poursuites. Il est critiqué à sa gauche. C’est dur de plaire à tout le monde?
Dans n’importe quel pays, tout processus de réconciliation est un problème épineux, entre ceux qui crient vengeance et ceux qui ont besoin de résultats. C’est quasi mission impossible d’entamer des poursuites sans avoir une crise où il serait impossible d’obtenir des résultats en ayant l’air bipartisan. Le plus pragmatique est de laisser l’Attorney General (ministre de la Justice, ndlr) décider, et sans doute de ne poursuivre que les avocats ayant fixé le cadre légal expliquant que ces interrogatoires n’étaient pas de la torture.

 
 

Comment Obama gère-t-il la diplomatie jusqu’ici?
Admirablement. D’abord, il a la partie facile. Venant après huit ans de Bush, il apparaît comme une bouffée d’air frais après un nuage toxique. Mais il a su se montrer fort habile. Il a fait preuve d’une grande subtilité pour remettre Sarkozy à sa place lors du G20. Obama a pris une minute pour aller parler en privé aux dirigeants chinois que Sarkozy avaient braqués avec ses grands mots, en essayant de faire la une, et il a obtenu un compris. C’était du grand art.

Propos recueillis par Philippe Berry
Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr