Sri Lanka: «Il n'existe aucune structure de prise en charge des civils»

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Publié le 29 avril 2009.

INTERVIEW - Eric Meyer, historien français spécialiste de ce pays, revient sur les affrontements qui ont déjà fait plusieurs centaines de milliers de réfugiés...

Cela fait plusieurs semaines que l'armée sri lankaise annonce sa victoire imminente sur les Tigres tamouls. Pourtant, les combats dans le dernier bastion au nord-est du pays se révèlent être difficiles. Les Tigres sont-ils en passent d'être vaincus?
Oui, militairement on peut dire que les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), sont sur le point d'être vaincus par l'armée sri lankaise. Il reste cette petite poche au nord-est du pays qui résiste encore, mais la majorité des rebelles ont été tués ou ont rendu les armes. La plus grande difficulté pour venir à bout des Tigres, aujourd’hui, est la présence de nombreux civils littéralement pris au piège dans la zone. L'armée sri lankaise ne peut donc pas continuer à combattre de manière lourde les rebelles.

L'ONU et les ONG ont justement lancé un appel au gouvernement sri lankais pour qu'une pause humanitaire soit déclarée afin de protéger les civils...
Un grand nombre de civils a pu quitter la zone, mais plusieurs centaines de milliers de personnes se retrouvent maintenant en exil. Ce pays est en guerre et le problème est qu'il n'existe aucune structure de prise en charge des civils. Ils sont donc coincés dans ce conflit et cela est autant la faute des Tigres que de l'armée.

Le gouvernement a proposé maintes fois aux rebelles de déposer les armes en échange d'une amnistie. Cela a-t-il eu un impact sur les forces rebelles? Sont-ils prêts à lutter par la politique et non plus par les armes?
Non. Certains se sont rendus dans le passé mais, aujourd'hui aucun rebelle n'acceptera de déposer les armes. Ils se battront jusqu'à la mort. S'ils sont battus militairement, les Tigres continueront le combat pour l'image de martyrs qu'ils souhaitent acquérir. Sur le plan politique, les Tigres ne parviennent pas à se mettre d'accord et n'ont pas de projet clair. Il existe de nombreuses divisions au sein des rebelles. Et ils ne sont pas soutenus par la majorité de la population devenue victime du combat.
Propos recueillis par Maud Descamps
>>> Pour mieux comprendre la situation au Sri Lanka, regardez notre ">infographie animée
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