Interrogatoires de prisonniers: les mémos de la CIA dévoilés

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Publié le 17 avril 2009.

ETATS-UNIS - Obama ne veut pas poursuivre les personnes impliquées...

Tourner la page. L'administration Obama a publié jeudi une version expurgée des mémos secrets décrivant les méthodes violentes de la CIA dans sa lutte antiterroriste, que certains assimilent à de la torture.

 

Certains courts passages mentionnant des noms ont été censurés et le président Barack Obama a affirmé que ces personnels qui «ont fait leur devoir en se fondant avec bonne foi sur les conseils légaux du département de la Justice ne seront pas poursuivis».

 

Barack Obama a convenu que les Etats-Unis avaient traversé «un chapitre noir et douloureux» de leur histoire mais a souligné qu'il avait déjà fait «cesser ces techniques contenues dans les mémos».

 

Violence physique et mentale

 

Les mémos datant de 2002 et 2005 constituent un mode d'emploi détaillé d'une dizaine de techniques «de bas » et «coercitives» pour faire parler des terroristes présumés.

 

Ainsi, le prisonnier est d'abord mis nu, privé de sommeil, enchaîné et parfois doté d'une couche-culotte, précisent les textes rédigés par des avocats mandatés par l'administration Bush. Il subit aussi une «altération de son hygiène alimentaire», souvent une alimentation exclusivement liquide.

 

Viennent ensuite les méthodes dites «correctrices» où il y a «interaction» avec le détenu. «Ces techniques ne sont pas toutes utilisées en même temps» précise un des mémos.

 

Selon un «interrogatoire prototype», on peut utiliser «la frappe insultante au visage», «la frappe au ventre», la privation de sommeil les mains menottées, parfois appuyé contre un faux mur souple qui s'affaisse lorsque le détenu tente de s'y reposer.

 

Celui qui interroge peut également utiliser  le confinement en compagnie d'insectes hostiles et enfin le fameux «waterboarding», la simulation de noyade.

 

«Preuve irréfutable de torture»

 

C'est la puissante Association américaine de défense des libertés publiques (ACLU) qui avait obtenu devant les tribunaux la promesse de la publication de ces rapports secrets.

 

Jeudi, l'ACLU mais aussi le CCR (Center for Constitutional Rights) et Amnesty International ont contesté l'absence de poursuites. «Ces mémos fournissent la preuve irréfutable que des responsables de l'administration Bush ont autorisé et donné leur bénédiction légale à des actes de torture qui violent les lois internationales et nationales», a estimé Anthony Romero, directeur exécutif de l'ACLU.

 

Le directeur du renseignement américain Dennis Blair a reconnu qu' en avril 2009, cela paraît choquant et dérangeant», mais qu'il fallait replacer cela dans le contexte de «l'horreur» du 11-Septembre, rappelant que Washington s'était engagé à ne plus utiliser ces méthodes.

 

Ces organisations utiliseront sans doute tous les recours possibles pour tenter d’entamer des poursuites, y compris contre George Bush. Le sénateur démocrate Patrick Leahy propose, lui, une solution intermédiaire avec la création d’une commission «vérité et réconciliation» sur le modèle de l’Afrique du sud.

 
 

Obama a-t-il raison de vouloir tourner la page, ou les personnes ayant suivi les ordres (ou celles les ayant donnés) devraient-elles être traduites devant la justice?

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