Sauver les glaces de l'Arctique, mission (im)possible?

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Publié le 15 avril 2009.

ENVIRONNEMENT - Une réduction de 70% des émissions de gaz à effet de serre au cours du XXIe siècle serait suffisante selon une étude...

Bonne ou mauvaise nouvelle? Selon une étude dévoilée mardi, une réduction de 70% des émissions de gaz à effet de serre, et surtout de CO2, durant ce siècle serait suffisante pour sauver les glaces de l'Arctique et éviter les conséquences les plus désastreuses du réchauffement climatique.

Une réduction de 70%, ce n'est pas rien. D'autant que les gaz à effet de serre dans l'atmosphère n'ont cessé d'augmenter. Ils sont passés de 284 parties par million (ppm, une unité de mesure) au milieu du XIXe siècle, à plus de 380 ppm aujourd'hui. Si rien n'est fait, la concentration de CO2 atteindra 750 ppm d'ici 2100, selon les projections des scientifiques.

Deux scénarii

Les résultats de cette recherche, financée par le ministère américain à l'Energie et qui doit paraître la semaine prochaine dans les «Lettres sur la recherche en géophysique» (Geophysical Research Letters), montrent qu'avec un taux de CO2 limité à 450 ppm, les températures augmenteraient en moyenne de 0,6 degré Celsius au-dessus de leur niveau actuel d'ici à la fin du siècle. Mais si rien n'est fait, la hausse des températures sera près de quatre fois plus grande.

La montée des océans serait de 14 centimètres dans la première hypothèse, de 22 centimètres dans l'autre. Dans le premier cas, le volume des glaces arctiques diminuerait d'environ 25% en été pour se stabiliser d'ici à 2100 tandis que si rien n'est fait, leur réduction serait au-moins de 75%.

Des mesures à mettre en oeuvre rapidement

Selon les recherches, un niveau de CO2 limité à 450 ppm peut être atteint à la fin du siècle si les mesures d'économie d'énergie et le développement de technologies vertes sont rapidement mises en oeuvre.

Le réchauffement dans l'Arctique serait ainsi réduit quasiment de moitié, ce qui aiderait à préserver les pêcheries et les populations d'oiseaux marins et d'animaux polaires, comme les ours blancs, notamment dans le nord de la mer de Béring, estiment ces chercheurs.

Des efforts engagés

Bien que la température continuerait d'augmenter, les aspects potentiellement les plus dangereux du changement climatique (fonte de la calotte glaciaire, réduction du permafrost, montée du niveau des océans) pourraient être partiellement évités, explique Warren Washington, chercheur au NCAR (National Center for Atmospheric Research), principal auteur de cette étude.

Face au risque d'un scénario désastreux, l'Union européenne a décidé de réduire drastiquement les émissions de CO2. Le président américain Barack Obama, prenant le contre-pied de son prédécesseur, a proposé de réduire les émissions de CO2 de 14% sous leur niveau de 2005 d'ici à 2020, et de 83% d'ici à 2050 avec un marché de droits de polluer.
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