Pyongyang veut se retirer des négociations et cesse toute coopération

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Publié le 14 avril 2009.

COREE DU NORD - Condamné lundi par l'ONU pour avoir lancé une fusée, la semaine dernière, le régime menace à nouveau...

Le ton monte d'un cran. Après avoir annoncé qu'elle se retirait des négociations avec les Six sur son programme de dénucléarisation, la Corée du Nord a informé l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) qu'elle cessait «immédiatement» toute coopération avec l'agence et qu'elle allait réactiver toutes ses installations nucléaires, a annoncé l'AIEA dans un communiqué.

«Elle a demandé l'enlèvement de tous les équipements de surveillance (...), à la suite de quoi l'accès des inspecteurs de l'AIEA à l'établissement ne sera plus autorisé», a indiqué Marc Vidricaire, porte-parole de l'agence dans un communiqué. «Les inspecteurs ont également été priés de quitter la RPDC le plus tôt possible», a-t-il ajouté. La Corée du Nord a «aussi informé l'AIEA qu'elle avait décidé de réactiver toutes ses installations et de recycler le combustible usé.»

Pyongyang joue les fortes têtes

«Les discussions à six (sur la dénucléarisation) n'ont plus lieu d'être. Nous ne participerons plus jamais à de telles discussions», avait annoncé un communiqué du ministère des Affaires étrangères, un peu plus tôt dans la journée. Le régime n'a pas apprécié que l'ONU condamne son tir de fusée, a annoncé mardi, en réaction, la reprise de son programme d'armement atomique.

Ce n'est pas la première fois que Pyongyang menace. En 2008, le pays avait déjà laissé entendre qu'il se retirerait de ces négociations avant de se raviser. Cette fois Pyongyang est fâché. Le régime a qualifié d'«insulte insupportable» envers son peuple la décision du Conseil de sécurité de l'ONU de lui interdire tout essai nucléaire et tir de missile. «Nous allons prendre des mesures pour rouvrir nos installations nucléaires désactivées (...) et retraiter des tubes de combustible nucléaire usagés provenant des réacteurs expérimentaux», a encore menacé le régime.

>> A lire également: «La Corée du Nord n’a d’autre monnaie d’échange que la peur qu’elle suscite», ici.

Cette annonce a provoqué un vif émoi parmi les partenaires de négociation de la Corée communiste qui tentent depuis 2003 de la faire renoncer à ses ambitions atomiques en échange d'une importante aide énergétique. La Chine, hôte de ces négociations et alliée privilégiée du régime nord-coréen, a exhorté Pyongyang à ne pas abandonner les tractations qui rassemblent de façon intermittente les Etats-Unis, les Corées, la Chine, le Japon et la Russie. Les Etats-Unis ont immédiatement condamné ce retrait des discussions.

L'ONU succombe à la «logique de gangsters américaine»

La Russie, également proche de la Corée communiste, l'a incitée à «ne pas suspendre les négociations» tandis que le Japon a convié «fermement» Pyongyang à «revenir à la table des négociations». Mais la Corée du Nord semble ferme. «Selon la logique américaine, le Japon peut lancer un satellite car il est l'allié (des Etats-Unis), mais nous n'avons pas le droit d'en faire autant car nous avons un système différent et nous ne sommes pas inféodés aux Américains», s'est élevé le ministère nord-coréen, pour lequel le Conseil de sécurité a succombé à la «logique de gangsters américaine».

La Corée du Nord avait accepté en 2007 de démanteler ses programmes nucléaires en contrepartie d'une aide énergétique et de concessions diplomatiques. Mais ces négociations, qui n'avaient pas empêché le Nord de bafouer ses engagements en menant son premier essai atomique en octobre 2006, butent depuis plusieurs mois sur des questions de vérification.
MD (Avec agence)
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