Capture d'écran du blog des propriétaires du voilier «Tanit» capturé le 4 avril 2009 par des pirates au large des côtes somaliennes.
Capture d'écran du blog des propriétaires du voilier «Tanit» capturé le 4 avril 2009 par des pirates au large des côtes somaliennes. - tanit.over-blog.fr

Avec agence

Il avait 27 ans. Florent Lemaçon, skipper et propriétaire de la Tanit, le voilier capturé au large de la Somalie, a été tué ce vendredi. Les quatre autres, dont son petit garçon, ont été libérés sains et saufs par l'armée française, selon l'Elysée. Il a été touché lors d'un échange de tirs entre pirates et forces spéciales, a indiqué le ministre vendredi de la Défense Hervé Morin. Il a précisé que la France avait proposé une rançon aux pirates. Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a précisé de son côté que l'otage avait été touché à l'intérieur du voilier, alors que les forces françaises «descendaient dans le carré».

Au cours de l'opération, deux pirates ont été tués, et trois autres faits prisonniers. Jeudi, «des négociations» avaient été «engagées pour persuader les pirates de renoncer à leur entreprise criminelle» mais «aujourd’hui (vendredi), les menaces se faisant plus précises, les pirates refusant les propositions qui leur étaient faites et le Tanit dérivant vers la côte, une opération pour libérer les otages a été décidée», selon un communiqué de la présidence.
«Pendant l’opération, un otage a malheureusement trouvé la mort. Les quatre autres - dont l’enfant - sont sains et saufs. Deux pirates ont été tués, les trois autres faits prisonniers».


Ne pas céder au chantage

Le voilier français Tanit a été capturé dans le golfe d’Aden samedi 4 avril, avec quatre adultes et un enfant à bord. «La France a une politique constante qui est de refuser les actes de piraterie et d’éviter que ses ressortissants ne soient conduits à terre comme otages. C’est ainsi que nos forces militaires ont déjà libéré les otages du Ponant et du Carré d'as en avril et septembre 2008», rappelle la présidence.



Nicolas Sarkozy «réaffirme toute la détermination de la France à ne pas céder au chantage et à tenir en échec la piraterie», selon le texte. Nicolas Sarkozy «rend hommage au courage des militaires engagés dans cette opération» et «recevra les otages à leur retour en France», ajoute-t-on.

Deux autres sauvetages en un an

Depuis un an, l'armée française est intervenue à deux reprises avec succès pour libérer des ressortissants français pris en otage par des pirates au large des côtes somaliennes. Le 11 avril 2008, les forces spéciales avaient libéré les 30 membres d'équipage du voilier de luxe Le Ponant, pris en otage une semaine plus tôt, après versement d'une rançon estimée à deux millions de dollars. Six pirates avaient été capturés dans la foulée en territoire somalien alors qu'ils prenaient la fuite à bord d'un 4X4.

Le 15 septembre suivant, des soldats français sont à nouveau intervenus pour libérer un couple de Français retenus en otage depuis près deux semaines par des pirates somaliens sur leur voilier, le Carré d'As. Un pirate avait été tué et six autres faits prisonniers lors de cette opération.

La Marine avait déconseillé l'itinéraire

Un navire de la marine nationale participant aux opérations de surveillance anti-piraterie au large de la Somalie avait croisé le Tanit mi-mars, déconseillant fermement aux plaisanciers de poursuivre leur route vers le Kenya. Parti fin juillet de Vannes (Morbihan) le Tanit avait été capturé avec à son bord le couple propriétaire du voilier et leur enfant de 3 ans ainsi que deux amis qui les avaient rejoints en chemin. Le voilier de 12,5 mètres faisait route vers Zanzibar, une île de l'océan Indien.

Après une relative accalmie des attaques depuis le début de l'année face au déploiement de forces navales dans le golfe d'Aden, les pirates ont capturé en moins d'une semaine six navires, illustrant l'incapacité des navires de guerre postés au large de la Somalie à les neutraliser.