Carte de localisation d’Abéché, au Tchad, où un légionnaire français a pris la fuite après avoir tué deux autres légionnaires et un Togolais, le 7 avril 2009.
Carte de localisation d’Abéché, au Tchad, où un légionnaire français a pris la fuite après avoir tué deux autres légionnaires et un Togolais, le 7 avril 2009. - Idé

Avec agence

La fuite du légionnaire tueur, d'origine sud-américaine, a pris fin. Il a été arrêté ce jeudi par la gendarmerie tchadienne.

Un important dispositif, associant la gendarmerie française, la police et les militaires tchadiens et étrangers, avait été déployé pour ratisser le secteur et arrêter le soldat. L'armée française avait également lancé des hélicoptères.

Vraisemblablement pris d'un coup de folie, selon les autorités militaires françaises, ce légionnaire de deuxième classe avait d'abord tué mardi deux de ses camarades légionnaires et un militaire togolais sur le Camp des étoiles, à Abéché, dans l'est du Tchad. Puis, quelques heures plus tard, il avait abattu un paysan pour s'emparer de son cheval au nord d'Abéché.

Parmi ses victimes, figurent son chef de groupe, un sergent de 30 ans, Français d'origine ghanéenne, marié et père d'un enfant, et un légionnaire de 1ère classe d'origine roumaine, célibataire.

«La plus grande partie de la population n'est pas informée de l'incident»

«La police d'Abéché surveille la ville mais le soldat est en brousse», a estimé le commissaire Idriss Mahamat. De source militaire, on estime que «le gars est dangereux parce qu'il a une arme et qu'il a un problème psychique»et qu'«il sera difficile à trouver». A Abéché, pourtant, «la vie continue normalement», selon un un fonctionnaire tchadien. Sans doute parce que «la plus grande partie de la population n'est pas informée de l'incident».

Le forcené et les deux autres légionnaires, tous trois membres du 2e régiment étranger d'infanterie de Nîmes (Gard), étaient stationnés au Camp des étoiles dans le cadre de l'opération européenne Eufor Tchad/RCA, a précisé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major.

Quant au militaire togolais, il était membre de la Minurcat 2, l'opération de l'ONU qui a pris la succession de l'Eufor Tchad/RCA le 15 mars. «Le forcené, un homme du rang, a ouvert le feu, vraisemblablement avec son arme de service, vers 14 heures», a indiqué le commandant Prazuck. «Des coups de feu ont été entendus sur le camp puis les deux légionnaires tués ont été retrouvés avant que le corps du militaire togolais qui était en faction un peu plus loin soit découvert à son tour».

L'Eufor vient de passer le relai

Selon le commandant Prazuck, «la prévôté (des gendarmes français, NDLR), les autorités tchadiennes et les militaires de l'Eufor Tchad/RCA» participent aux recherches du fuyard.

Après avoir été déployée un an au Tchad et en Centrafrique, l'Eufor a passé à la mi-mars le flambeau à la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) qui doit compter jusqu'à 5.200 hommes. L'Eufor avait pour mandat principal de protéger les réfugiés du Darfour ainsi que les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes.

La France avait déployé 1.650 militaires français sous les couleurs de l'Union européenne dont 850 doivent être prochainement désengagés et 800 sont passés sous casque bleu. Un sous-officier français avait trouvé la mort lors de l'opération Eufor Tchad/RCA, le 3 mars 2008, dans un accrochage en territoire soudanais où il s'était apparemment égaré avec une patrouille. La France compte par ailleurs 1.100 soldats stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, opération française lancée en 1986 au titre d'un accord bilatéral.