Le Conseil de sécurité de l'ONU n'arrive pas à se mettre d'accord sur la Corée du Nord

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Publié le 6 avril 2009.

GEOPOLITIQUE - Après trois heures de discussions dimanche soir sur le tir d'une fusée balistique par Pyongyang, il n'a pas réussi à s'accorder sur un texte. Les négociations se poursuivent, a néanmoins expliqué son président...

Un compte-rendu laconique pour tenter de masquer un semi échec. Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont «mis d'accord pour poursuivre leurs consultations sur la réponse appropriée à apporter par le Conseil, en conformité avec ses responsabilités étant donné la gravité de la question», a lu à la presse l'ambassadeur du Mexique à l'ONU, Claude Heller, qui préside le Conseil ce mois-ci.

Le Conseil est pour l'instant divisé en deux camps bien distincts. Selon un diplomate, les Occidentaux (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon) ont préconisé une ferme condamnation du tir nord-coréen, au motif qu'il viole la résolution 1718 d'octobre 2006. Celle-ci, qui sanctionnait un récent essai nucléaire nord-coréen, enjoignait Pyongyang de «s'abstenir de tout nouvel essai nucléaire ou tir de missile balistique».

Le missile longue portée de la discorde

Dans le camp adverse, cinq autres pays, dont la Chine et la Russie qui disposent du droit de veto, ont plaidé pour que le Conseil fasse preuve de retenue, afin de ne pas compromettre les Pourparlers à six sur le démantèlement des capacités nucléaires de la Corée du Nord. Rejoints par la Libye, l'Ouganda et le Vietnam, les diplomates chinois et russes ont également argué du droit de tout pays à l'utilisation pacifique de l'espace.

La Corée du Nord décrit la fusée lancée dimanche comme un simple lanceur de satellite, mais Washington et ses alliés la considèrent comme un missile à longue portée, dont le lancement viole deux résolutions du Conseil dont la 1718.

«Nous sommes maintenant à un moment très délicat», a déclaré à la presse l'ambassadeur de Chine, Zhang Yesui. «Notre position est que tous les pays concernés doivent faire preuve de retenue et s'abstenir de tout acte qui puisse accroître la tension». Sa collègue américaine, Susan Rice, a confié que de nouvelles consultations auraient lieu, à l'ONU et dans les capitales, dans la soirée et dans les prochains jours pour tenter de parvenir à «une réponse du Conseil qui soit claire et ferme».

«Acte irresponsable»

Pendant ce temps, la tension monte dans la région. «L'acte irresponsable de la Corée du Nord qui menace la sécurité régionale et mondiale ne peut être justifié d'aucune manière» a estimé à la radio le président sud-coréen Lee Myung-bak, partisan de la fermeté face à la voisine nordiste.

 

Les journaux japonais réclament ce lundi des poursuites et tonnent contre les divisions au Conseil de Sécurité de l'ONU, qui ne profiteraient qu'au régime de Pyongyang. Le Sankei Shimbun souligne que la fusée «a particulièrement effrayé la population japonaise car elle a survolé l'archipel». «"Nous ne devons jamais l'oublier», poursuit-il, ajoutant que «le gouvernement japonais doit décider urgemment de nouvelles sanctions». Le plus grand quotidien nippon, Yomiuri Shimbun, qualifie le tir de «provocation dangereuse et irresponsable qui alimente la tension dans la communauté internationale et menace directement la paix et la stabilité».


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