La terre a fortement tremblé peu après 3h du matin ce lundi. Un dernier bilan fait état d'au moins 179 morts, selon un nouveau bilan provisoire mardi du centre de coordination des secours de L'Aquila, 34 personnes disparues. Le «Corriere della Sera», beaucoup plus pessimiste, évoque quant à lui 250 disparus.
Un peu plus tôt, le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi a quant à lui annoncé lundi soir «1.500 blessés pour le moment». Parmi eux, quatre enfants à L'Aquila, la capitale des Abruzzes, selon SkyTG24. Les enfants ont été victimes de l'écroulement de leur habitation, a précisé une source hospitalière de L'Aquila, ville de 60.000 habitants et l'épicentre du séisme.
Les pompiers et secouristes ont retiré plus de cent rescapés des décombres, mais la pluie et le froid nocturnes ont compliqué les recherches.
1.700 hommes mobilisés
Le séisme a également fait 45.000 à 50.000 sans-abri, selon la protection civile. Ils «seront tous rapidement logés dans des hôtels ou dans des structures que nous sommes en train de construire», a assuré Roberto Maroni. Environ 1.700 personnes, dont 1.500 pompiers, seront déployés en renfort. «En ce moment nous avons 1.500 pompiers, 100 policiers et 100 carabiniers qui arrivent de diverses régions de l'Italie pour aider les secouristes à L'Aquila», a ajouté le ministre de l'Intérieur.
La France a, par ailleurs, assurée qu'elle était prête a apporter son aide. «La France se tient à la disposition des autorités italiennes afin d'apporter toute l'aide dont elles exprimeraient le besoin pour faire face à la situation», a déclaré Bernard Kouchner. Un numéro d'appel - 01 45 55 80 00 - pour les familles de ressortissants français actuellement présents en Italie, a été ouvert au centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes, a précisé son ministère.
Un appel aux dons de sang
Plusieurs responsables ont par ailleurs lancé des appels à donner le sang tandis que des collectes de fonds doivent être organisées, notamment par l'association catholique italienne Caritas Italia et par les sénateurs entre eux à l'initiative de leur président Renato Scifani.
Plusieurs édifices se sont effondrés dans le centre historique de L'Aquila. Une résidence pour étudiants de la ville s'est partiellement effondrée et de nombreuses maisons ont été réduites en poussières, ce qui laisse augurer un bilan beaucoup plus lourd dans cette ville. La nef d'une église s'est également effondrée et un hôpital de la ville a du être évacué car il menaçait de s'effondrer en cas de réplique. Au total plus de dix mille maisons et édifices ont été endommagés dans la région.
S'exprimant sur la chaîne de télévision SkyTG24, le Premier ministre Silvio Berlusconi a décrété l'urgence nationale et désigné le chef de la protection civile Guido Bertolaso comme coordonnateur des secours. «Il faut s'attendre à de nombreuses victimes, beaucoup de blessés et beaucoup de maisons effondrées», a confié à la radio Bertolaso, qui a estimé qu'il faudrait «beaucoup de temps» pour faire disparaître les traces de cette catastrophe.
Vingt millions d'Italiens «potentiellement exposés au risque sismique»
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues ou se sont rassemblés dans les stades de la région par peur des répliques de cette secousse de magnitude de 6,2 qui a secoué le centre de l'Italie et a été ressentie à Rome. Très puissant, le tremblement de terre a réveillé de nombreux habitants de la capitale.
Selon un communiqué de la protection civile italienne, l'épicentre du séisme se trouvait à 5 km de profondeur sous L'Aquila, et ce séisme est le pire qui ait frappé la Péninsule depuis près de dix ans. L'ensemble du territoire italien, qui s'étend sur plusieurs plaques tectoniques, est fortement exposé aux risques de tremblements de terre. Vingt millions d'Italiens sont «potentiellement exposés au risque sismique», selon les calculs de la protection civile.
Les Thermes de Caracalla, un imposant complexe datant du IIIe siècle de notre ère, ont été touchés par le puissant séisme, selon un responsable des biens archéologiques de Rome. «Lors d'un premier examen après le séisme de cette nuit, les contrôleurs ont constaté que les Thermes de Caracalla avaient subi quelques dommages, non encore évalués précisément», a indiqué à la presse Angelo Bottini, responsable des biens archéologiques de la capitale.
Les ruines de cet ensemble de 11 hectares, situé au pied de la colline de l'Aventin, dans le centre ville, qui comprenait des bains mais aussi des installations sportives et des bibliothèques, sont parmi les mieux conservées de l'empire romain. «Pour avoir un bilan complet et détaillé, il faudra attendre demain», a-t-il ajouté. Il a précisé que d'autres lieux historiques de la ville, notamment le Forum et le Colisée n'avaient pas subi de dégâts. Le Colisée est d'ailleurs lundi normalement ouvert au public, a-t-il relevé.