La presse intriguée par la stratégie de Nicolas Sarkozy au G20

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Publié le 2 avril 2009.

REVUE DE PRESSE - Il y a ceux qui louent son habileté stratégique et ceux qui sont fatigués des gesticulations du président français. A l'étranger, malgré l'urgence de la crise, on a du mal à croire à des résultats concrets à l’issue du G20.

Nicolas Sarkozy a fait parler de lui en ce début de sommet: d’abord en menaçant de claquer la porte s’il ne débouchait pas sur des avancées concrètes, puis en affichant un front uni avec la chancelière allemande Angela Merkel. La presse française est, comme souvent avec le président français, partagée entre admiration et exaspération. Hervé Cannet, de la Nouvelle République du Centre ouest, s’enthousiasme: «Pour Nicolas Sarkozy, de toute façon, c'est gagnant-gagnant. Soit il n'obtient pas satisfaction, et sa chaise vide (qui apparaît comme de plus en plus éventuelle) en fera une star médiatique sur toute la planète ! Soit il fait modifier un tant soit peu le communiqué final et la réussite du G20 sera SA réussite !»

Ce qui pour l’un relève de l’habileté stratégique, apparaît à d’autres comme une posture opportuniste: «L'ennui, surtout, c'est que ces menaces n'apparaissent que comme ce qu'elles sont réellement: des rodomontades. Rodomontades qui sont avant tout destinées à l'opinion publique hexagonale» écrit Jacques Guyon, de La Charente libre.

Un retour au «paradis pour les riches »

Pierre Rousselin, du Figaro, estime qu'il s’agit d’un «test» pour Sarkozy et Merkel, qui se «serrent les coudes» pour obtenir une régulation de la finance internationale. Laurent Joffrin, dans Libération, s’inquiète du fait que la crise ne soit perçue par les membres du G20 que comme «une parenthèse désagréable» avant un retour à «l’ordre ancien», présenté comme un véritable «paradis pour les riches» où règnent l’«inégalité vertigineuse des revenus» et l’«affaiblissement des valeurs collectives ».

The Independant, en Angleterre, admire l’audace franco-allemande qui «ose défier la voie anglo-américaine» et ironise sur le premier ministre anglais Gordon Brown: lui qui s’attendait à jouer les premiers rôles aux côtés de l’allié privilégié américain est renvoyé au second plan.

«La tournée vertigineuse d’Obama»

L’éditorial du Times anglais ne voit dans le G20 qu’un «sommet riche en symboles»  pendant lequel il faudrait «redire avec intelligence et conviction les arguments pour un marché libre», concédant tout juste qu’il serait «raisonnable» de le réguler un peu. Le Times of India montre que les attentes des pays émergents ne sont pas les mêmes que celles de l‘«Ordre ancien» : il espère en effet que le sommet sera une occasion de changer les statuts de la «relique d’après-guerre» qu’est le FMI.

Enfin El Pais, en Espagne, concentre son attention sur la «tournée vertigineuse» de Barack Obama pour sa première visite en Europe, un Obama présenté comme « le président pour lequel l’Europe a soupiré ». Entre le G20, l’OTAN, le sommet EU-UE et la Turquie, le quotidien ibérique s’attend plus à des gestes symboliques qu’à des résultats concrets.

Adrien Potocnjak-Vaillant (avec agence)
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