De notre correspondant à Los Angeles
Ça y est, Air Force One a atterri sur le tarmac londonien, ce mardi soir, pour une tournée européenne de huit jours. Lors de son précédent voyage, en pleine campagne présidentielle, Barack Obama avait été accueilli à Berlin telle une rock star. Depuis, la crise financière a révélé son ampleur et il revient sur le Vieux Continent en portant une partie du poids du monde sur ses épaules. Pierres angulaires de cette tournée européenne: un sommet du G20 puis de l’Otan, une rencontre UE-USA et deux jours en Turquie, ce «pont avec l’Asie».
Mercredi: entretiens avec la Reine, les présidents russe et chinois
Obama a atterri à Londres mardi soir. Il devait sauter aussitôt dans un hélicoptère. Direction Winfield House, la luxueuse résidence de l’ambassadeur américain. Pas le temps de se remettre du jetlag, il attaquera dès mercredi matin par un petit déjeuner avec le Premier ministre Gordon Brown. Lors de son entretien avec Elizabeth II, tous les yeux seront braqués sur Michelle Obama. Mais le plat de résistance sera sa première rencontre avec le président russe Dimitri Medvedev, qui salue mardi dans une tribune publiée dans le «Washington Post» le «changement de ton» de la nouvelle administration américaine. Au menu: le nucléaire iranien et le projet de bouclier antimissile de Bush, peu apprécié par Moscou et qu’Obama a promis de réexaminer. Avec le président chinois, Hu Jintao, Obama devrait concentrer son entretien sur la meilleure manière d'enrayer la récession économique mais aussi sur la Corée du Nord.
Jeudi: sommet du G20 à Londres (lire notre présentation complète ici)
Un sommet qui sent le soufre. Les nations les plus riches doivent se mettre d’accord sur la manière de relancer l’économie mondiale. Sauf que du côté américain, on est plutôt partisan d’une relance à coup de dépenses; les Européens, eux, veulent enfin des avancées sur des régulations plus strictes. Mardi, Nicolas Sarkozy a mis la pression, par l’intermédiaire de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde: il quittera le G20 «s’il n’est pas satisfait». Angela Merkel, elle, a également prévenu: «Je ne laisserai personne me dire que nous devons dépenser davantage.»
Vendredi: Obama à la frontière franco-allemande
Nicolas Sarkozy a fait des pieds et des mains pour un crochet par les plages du débarquement. Il devra patienter –a priori jusqu’au 6 juin. Le président américain se rendra à Strasbourg (où Michelle doit visiter la cathédrale) puis à Baden-Baden en Allemagne. Il ne devrait consacrer qu’une heure à des entretiens avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, avec lesquels il a déjà discuté récemment.
Samedi: l’Afghanistan au cœur du sommet de l’Otan
Barack Obama essaiera de rallier les Européens à sa nouvelle stratégie pour l’Afghanistan. La France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et les Pays-Bas devraient annoncer l’envoi de gendarmes supplémentaires. L’attitude à adopter face au Pakistan dans la lutte contre Al-Qaïda sera également sur la table.
Dimanche: discours sur la prolifération nucléaire à Prague
Le président américain sera très attendu en République tchèque, qui assure la présidence de l’Union européenne. Il y participera à une rencontre UE-USA et devrait tenir un discours sur la prolifération nucléaire et aborder le thème du réchauffement climatique.
Lundi et mardi: visite en Turquie
Deux journées complètes en Turquie: Obama envoie un message clair. Les Etats-Unis considèrent qu’Ankara a un rôle clé à jouer dans le renouveau du dialogue avec le monde musulman. Denis McDonnough, secrétaire adjoint à la sécurité nationale, a expliqué que la Turquie était «un pont entre l’Europe et l’Asie». Obama devrait rencontrer les dirigeants et participer à une table ronde avec des étudiants.
Comme le résume NBC dans sa revue de presse ce mardi matin, en français dans le texte: Bon voyage, mister president.