SANTE - Le gouvernement veut lutter contre les grossesses précoces des adolescentes...
On se souvient d'
Alfie et Chantelle, parents à respectivement 13 et 15 ans. Leur histoire avait défrayé la chronique en février dernier. Si la nouvelle avait sucité l'émoi, leur cas n'est pourtant pas isolé. Avec un taux de 42 grossesses pour 1.000 personnes en dessous de 18 ans, la Grande-Bretagne tient là un triste record européen.
Les autorités ont donc décidé de réagir et devraient prochainement autoriser la diffusion à la télévision de spots publicitaires sur l'avortement afin de lutter contre ces grossesses précoces des adolescentes. Les propositions ont été dévoilées jeudi par l'autorité de régulation de la publicité.
Peu de cours d'éducation sexuelle
Pour Tony Kerridge, porte-parole de Marie Stopes International, une organisation spécialisée dans l'éducation et la santé sexuelles, le grand nombre de grossesses précoces s'expliquerait, en partie, par le manque de communication sur la sexualité. «Aujourd’hui, les cours d’éducation sexuelle sont à la discrétion des chefs d’établissement, du coup, dans certaines écoles, ils sont excellents et dans d’autres quasiment inexistants»,
confiait-il récemment à 20minutes.fr.
Les restrictions sur la publicité pour les préservatifs devraient également être allégées, pour permettre la diffusion de spots publicitaires en prime time, afin de toucher les jeunes plus efficacement. «Le Comité des pratiques publicitaires télévisées (BCAP) propose d'ajouter une règle pour (autoriser) les publicités sur les services de conseils aux femmes enceintes», notamment des associations ou des cliniques, qui devront en outre dire clairement s'ils proposent ou pas la possibilité de se faire avorter, selon les nouvelles recommandations.
Les anti-avortements sur le front
Ann Furedi, responsable des Services britanniques de conseil aux femmes enceintes a salué ces propositions, estimant que ces publicités aideront les femmes à avoir accès à des informations vitales. Mais les organisations hostiles à l'avortement ont de leur côté protesté contre le projet. John Smeaton, directeur pour la Grande-Bretagne de la Société pour la protection des enfants à naître a souligné que ces publicités «négligeront l'effet néfaste des avortements sur la santé des femmes».
«Nous nous inquiétons aussi des propositions pour permettre les publicités à la télévision pour les préservatifs avant 21 heures. Un tel changement ne servira qu'à sexualiser les jeunes, et la promiscuité sexuelle qui en résultera débouchera sur davantage d'avortements, plus de grossesses précoces et plus d'infections de maladies sexuelles», a-t-il noté. Le comité doit clore ses consultations en juin de cette année et les nouvelles régulations devraient entrer en vigueur en 2010.
Maud Descamps (avec agence)