L'avenir du traité de Lisbonne est menacé. Le vice-Premier ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, a conforté les inquiétudes des Européens hier : « Le processus [de ratification] est en bonne voie, mais les développements actuels compliquent la situation. » Après la chute, la veille, du gouvernement du Premier ministre Mirek Topolanek, « il va être beaucoup plus difficile de convaincre les gens », a-t-il reconnu devant le Parlement européen.
La République tchèque, présidente en exercice de l'Union européenne, était enfin sur le point de faire approuver le traité par son Sénat. Le texte, déjà ratifié par 25 pays, est censé sortir l'Union européenne de la paralysie mais la motion de censure votée mardi à l'encontre du Premier ministre risque de retarder fortement le processus. « C'est une mauvaise surprise », reconnaît-on au Quai d'Orsay. D'autant plus que, désormais, la situation est entre les mains du très eurosceptique président tchèque, Vaclav Klaus, qui doit désigner un nouveau Premier ministre. Alexandr Vondra s'est toutefois voulu rassurant en soutenant que, « clairement, la République tchèque se comportera de manière responsable (...), il est dans son intérêt d'achever la ratification ».
« On espère que les Tchèques vont continuer à faire le boulot, mais c'est vrai que ça tombe très mal à la veille du sommet du G20 et du sommet européen à Prague » le 5 avril, réagit-on à Paris. Tout en soulignant que « cette crise démontre la nécessité du traité de Lisbonne : si l'UE se dote d'un président pour deux ans et demi, comme le prévoit le texte, elle échappera à ces contingences politiques nationales ». ■