La rupture... mais pas trop. Nicolas Sarkozy arrive aujourd'hui à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC) pour une visite de quelques heures. Il rejoindra ensuite Brazzaville, au Congo, puis Niamey, au Niger. Le tout, puisque son retour est prévu pour demain soir, en l'espace de 24 heures chrono. Son objectif : marteler son concept de relations nouvelles, développé lors de son discours du Cap de février 2008. Il y annonçait la renégociation de tous les accords de défense.
« Si il y a eu des avancées certaines, reconnaît Philippe Hugon, chercheur, spécialiste de l'Afrique à l'Iris, les anciens réseaux de la Françafrique ont tout de même conservé un certain poids à l'Elysée. » Certes, la configuration est loin d'être la même qu'au lendemain des indépendances, notamment du fait du poids grandissant d'autres influences - chinoises, notamment. Malgré tout, Paris reste jaloux de son pré carré, délimité avant tout par la francophonie. Ainsi, en RDC, l'Hexagone semble avoir pris le relais de la Belgique pour appuyer le président Joseph Kabila.
Soigner les vieilles amitiés, tout en nouant des partenariats avec de nouveaux pays, tel semble être le credo du Président. Seule ombre au tableau, lors de ce déplacement, il lui faudra se passer de l'entregent de son chef de la diplomatie. Bernard Kouchner doit assister à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères européens en République tchèque. Rien à voir donc avec les accusations portées par Pierre Péan dans Le Monde selon K. (éd. Fayard) sur ses activités de consultant santé grassement rémunérées par le président congolais, Denis Sassou-Nguesso... ■