Sida et préservatif: le journal du Vatican s’explique et il est moins catégorique que le pape

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Publié le 25 mars 2009.

RELIGION - Le quotidien officiel du Saint-Siège, l'Osservatore Romano, publie une étude, menée en Ouganda, mettant en évidence l'efficacité du préservatif dans la lutte contre la maladie...

Benoît XVI aurait été mal compris, l’Eglise catholique admet le port du préservatif, même si ce n’est que très, très implicitement et couplé à des règles de vie précises. L'Osservatore Romano, dans l’édition datée du dimanche 22 mars, publie un article sur «Église et sida». Il reconnaît que le préservatif est efficace «à 97 % contre l'infection» dans les meilleures conditions d'utilisation et «à 87 %» dans des conditions de base comme en Afrique.

Le journal cite ainsi l'expérience de l'Ouganda où des campagnes soutenues par le gouvernement, dites «ABC», ont été lancées contre le sida: «A» comme abstinence, «B» comme fidélité (be faithful), «C» comme préservatif (condom).

Trois facteurs conjugués pour lutter contre l’épidémie, dont le préservatif

Si l'Osservatore Romano explique dans un premier temps que l'usage du préservatif prévu par cette méthode n'est pas conforme «aux indications de l'Église», il convient des effets spectaculaires de cette campagne. L'Ouganda est«l'unique pays d'Afrique qui a obtenu de bons résultats» dans cette lutte contre le sida, explique le quotidien officiel du Saint-Siège: «La fréquence d'infection dans la population est descendue de 15 % en 1991 à 5 % en 2001.»

Abstinence, fidélité, préservatif, «ces trois facteurs, ajoute l'Osservatore Romano, ont une influence importante sur la réduction de l'incidence du sida.»

Un missionnaire: «L'usage du préservatif réduit le risque mais ne l'élimine pas»

Le journal persiste dans cette voie avec un entretien avec le frère Daniel Giovanni Giusti, plus de vingt ans au compteur dans un hôpital en Ouganda et qui reconnaît d’emblée que «le préservatif a un rôle dans des épidémies localisées et dans des groupes particuliers: prostituées, homosexuels et drogués». Mais selon lui, le préservatif reste «un recours pour ceux qui n'appliquent pas les deux premiers points de la méthode. L'abstinence annule le risque pour les cas de transmissions sexuelles. La fidélité dans les rapports sexuels réduit le risque. L'usage du préservatif réduit le risque mais ne l'élimine pas.»

Cette interview donne d’ailleurs un autre sens sur le fameux propos du pape, expliquant dans l’avion pour le Cameroun que le préservatif aggrave le problème. Pour le frère Giusti, ce sont les campagnes proposant le préservatif comme seul moyen sûr, et pas le préservatif lui-même, qui posent un souci: «L'expérience de terrain démontre que dans les pays où l'on a tout misé sur le tout préservatif, il n'y a pas eu - dans la population générale - des résultats satisfaisants comme ceux obtenus en Ouganda.»

Le Vatican vient donc de mettre un peu d’eau dans son vin de messe.

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