La cérémonie officielle d'installation d'Andry Rajoelina comme président de transition de Madagascar a débuté samedi dans un stade d'Antananarivo, devant environ 40.000 personnes. Malgré les condamnations de la communauté internationale, il a prêté serment, proclamant la "fin de la dictature" et promis une "bonne gouvernance".
Une véritable ferveur parcourait les tribunes du stade de Mahamasina plein, au sommet duquel des drapeaux malgaches ont été installés, où de nombreuses personnes portaient des accessoires oranges, couleur du mouvement de constestation qui, avec le soutien d'une partie de l'armée, a porté M. Rajoelina au pouvoir.
Ecclesiastiques
A côté de la tribune présidentielle entourée d'un immense drapeau malgache où M. Rajoelina et les ministres de son gouvernement avaient pris place, une tribune était réservée aux ecclésiastiques, tous habillés de blanc.
La cérémonie a débuté par un culte oecuménique, encadré par un dispositif de sécurité relativement léger composé de militaires en alerte.
M. Rajoelina, costume noir et cravate rouge, s'est adressé à la foule, encadré par une garde rapprochée en uniforme noir: "Devant tout le peuple malgache et devant Dieu, je jure que je ferai de mon mieux pour faire le bien du peuple et je jure que je vais respecter les lois en vigueur à Madagascar", a déclaré en langue malgache Rajoelina, en levant la main droite devant le président de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). "Nous proclamons aujourd'hui la fin de la dictature, de la gabegie dans la gestion des affaires de l'Etat, des mensonges et des fausses promesses, et de la pensée unique qui ont pendant trop longtemps étouffé la vie politique malgache".
Où est Ravalomanana?
L'ex-président malgache, Marc Ravalomanana, a démissionné cette semaine et remis les pleins pouvoirs à un directoire militaire qui les a immédiatement transmis au chef de l'opposition Andry Rajoelina.
La Haute cour constitutionnelle (HCC) malgache a ensuite validé ce transfert de pouvoir, portant le jeune homme politique de 34 ans à la tête du pays.
On ignorait samedi si Marc Ravalomanana se trouvait toujours à Madagascar.
Depuis deux jours, les condamnations pleuvent du côté de la communauté internationale qui qualifie de "non-démocratique" et "non-constitutionnelle" la prise de pouvoir de M. Rajoelina, et l'appelle notamment à organiser des élections au plus vite.