ENVIRONNEMENT - Les changements climatiques et leur impact sur l'eau vont pousser des populations entières sur les routes
Montée du niveau des océans, inondations ou au contraire désertification... Les changements climatiques vont, dans les années qui viennent, chasser des populations entières de leur lieu de vie habituel. En 2008, l'ONU estimait que ces réfugiés climatiques seraient 50 millions en 2010. Un chiffre qui, selon les sources, pourrait atteindre 200 millions à un milliard à l'horizon 2050.
Inondations au Bangladesh, progression du désert de Gobi
Le
Forum de l’eau d’Istanbul s’est penché sur l’impact du changement climatique sur l’accès à l’eau potable, la désertification ou les inondations. Pour Jean-Marc Jancovici, ingénieur-conseil, spécialiste de l'énergie et du climat, et co-auteur de «C'est maintenant - Trois ans pour sauver le monde» (Seuil), «dès à présent, des migrations ont lieu en Afrique, liées à la désertification du
Sahel». Selon lui, les problèmes liés à l'eau seront dans les années qui viennent «un facteur de pression supplémentaire», auquel seront soumis des pays souffrant déjà «de la diminution des ressources et de la crise énergétique».
Géographiquement, les prévisions restent floues, mais «les experts s'accordent pour dire que la sécheresse va toucher le pourtour méditerranéen, et notamment le sud de la France et les pays de la rive sud», annonce Jean-Marc Jancovici. Il semble également acquis que le
Bangladesh est menacé par les inondations et que le
désert de Gobi va gagner du terrain.
Il est déjà difficile de dire, aujourd’hui, «quelle proportion de l'immigration mondiale est liée aux problèmes climatiques», s'interroge Jean-Marc Jancovici. Il est encore plus complexe «de prévoir avec exactitude le nombre de personnes concernées».
«On ne fuira pas les phénomènes naturels comme on court devant Godzilla»
Les conséquences de ces mouvements de populations, qu’ils soient dus aux problèmes d’accès à l’eau, à la désertification ou à la montée du niveau des océans, restent incertaines. «On ne fuira pas les phénomènes naturels comme on court devant
Godzilla», prévient Jean-Marc Jancovici. Mais les risques de conflits liés aux déplacements de populations sont réels. «Militairement, on aura surtout à craindre de nos voisins», explique l'ingénieur-conseil, car généralement, les réfugiés ne migrent pas bien loin.
J.M. et C.M.