Fritzl se reconnaît coupable de tous les chefs d'accusation

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Publié le 18 mars 2009.

AUTRICHE - Une experte affirme qu'il devra être interné en centre psychiatrique car il y a risque de récidive...

Josef Fritzl, l'Autrichien accusé d'avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans et d'être responsable de la mort d'un des sept enfants de l'inceste, s'est reconnu coupable de tous les chefs d'accusation, ce mercredi devant la Cour d'assises de Sankt-Pölten. Lundi, il avait plaidé coupable d'inceste, de viols, séquestration et menaces, mais avait récusé les chefs d'accusation de meurtre - seul passible de la prison à vie, la peine la plus lourde encourue par Fritzl - et d'esclavage (10 à 20 ans de détention), ce crime étant jugé pour la première fois en Autriche.

«Je reconnais être coupable de tous les chefs d'accusation inscrits dans l'acte d'accusation», a-t-il déclaré debout devant le tribunal au début du troisième jour de son procès. Dans l'acte d'accusation, le procureur lui impute la responsabilité de la mort deux jours après sa naissance en 1996, d'un nourrisson auquel il avait, selon sa fille, refusé des soins extérieurs. La présidente de la Cour a demandé à Fritzl ce qui l'avait poussé à changer radicalement de position. «Le témoignage filmé de ma fille», a-t-il laconiquement répondu avant de répéter: «je reconnais être coupable, je regrette». La veille et lundi, le Tribunal avait visionné les onze heures du témoignage vidéo bouleversant de sa fille Elisabeth.

Risque de récidive

Le changement de stratégie de l'accusé pourrait avoir pour conséquence de raccourcir les débats, la présentation des rapports des différents experts, à l'exception de celui de l'experte psychiatre, Adelheid Kastner, n'étant peut-être plus utile. Le verdict était en principe prévu pour jeudi après-midi. Mercredi, devant la Cour, l'experte a estimé que Josef Fritzl devait être interné en centre psychiatrique arguant d'un risque de récidive. «Le danger persiste qu'il commette à nouveau des actes graves s'il n'est pas soigné, c'est pourquoi il sera nécessaire qu'il soit traité et cela jusqu'à ce qu'on puisse dire qu'il n'est plus dangereux», a-t-elle indiqué. Avant le procès, dans un rapport de 130 pages dont des extraits avaient filtré dans la presse, cette même experte avait déclaré l'accusé pénalement responsable de ses actes mais avait aussi décelé chez Fritzl, 73 ans, des troubles graves de la personnalité et des déviances sexuelles.

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Par ailleurs, selon le quotidien autrichien «Kurier» mercredi, Elisabeth a assisté mardi à une partie du procès qui se tient à huis clos en raison de la nature des crimes. La fille de Fritzl, âgée de 42 ans, n'a pas pris part aux débats mais aurait suivi la projection de sa propre déposition dans le prétoire. «Kurier» avance qu'Elisabeth souhaitait «recueillir des impressions» et observer les réactions de son père pour les intégrer à un livre qu'elle projette d'écrire sur son calvaire. Les avocats de l'inculpé et de la victime, ainsi que le porte-parole du Tribunal, n'ont pas souhaité commenter cette information.

A l'issue de l'audience et après près de deux journées à huis clos, les trois juges se sont retirés pour préparer la liste des questions qu'ils soumettront jeudi aux huit jurés. Elles seront lues en séance publique devant la Cour à partir de 9h et le verdict de ce procès sans précédent en Autriche est attendu dans l'après-midi.

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