Marc Ravalomanana, le «Berlusconi malgache»

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Publié le 17 mars 2009.

PORTRAIT - Le président démissionnaire de Madagascar a déçu les espoirs de la population...

Homme d'affaires timide porté au pouvoir en 2002 à Madagascar par un élan populaire et contraint à la démission ce mardi, Marc Ravalomanana a vu son aura s'effrondrer au fil des années du fait de son échec à améliorer le quotidien des Malgaches et de son autoritarisme.

Ayant projeté de réformer en profondeur la société et l'économie malgache, Marc Ravalomanana n'a pas réussi à obtenir l'adhésion de la population. Une majorité de Malgaches vit encore sous le seuil de pauvreté.

Ancien livreur de lait

Pourtant, après une réélection dès le premier tour de la présidentielle de décembre 2006, il avait quasiment réussi en 2007 et 2008 un grand chelem électoral (référendum constitutionnel, législatives, municipales, régionales, puis sénatoriales). Ses partisans mettaient en valeur son énergie et son esprit d'entreprise, et les réalisations en termes d'infrastructures réalisées sous ses mandats.

Agé de 59 ans, marié et père de quatre enfants, issu d'une famille paysanne, cet ancien livreur de lait a créé à partir du yaourt un empire agro-alimentaire sans concurrence à Madagascar. Le «self-made-man», devenu l'un des hommes les plus riches du pays et surnommé par ses détracteurs le «Berlusconi malgache», a profité de sa position pour consolider son assise commerciale et industrielle.

Inaccessible et autoritaire

Mais en décembre 2007, l'échec du candidat de son parti à la mairie d'Antananarivo face au jeune indépendant Andry Rajoelina a été le premier signe fort d'un désamour de la capitale dont il avait pourtant été maire entre 1999 et 2001.

L'homme disponible et plutôt timide est devenu ces dernières années de plus en plus inaccessible et autoritaire, au point de donner l'impression de gouverner seul. Il n'a pas concrétisé ses promesses d'ouverture démocratique: le code électoral qu'il avait tant critiqué en 2002 n'a pas été réformé, l'opposition n'a pas accès à l'audiovisuel public et de nombreux médias ont été fermés.

Un président «businessman»

«Marc Ravalomanana est le meilleur président que nous ayons jamais eu. Son problème, c'est qu'il est trop gourmand. Par ailleurs, il ne fait pas bon être opposant: si vous levez un doigt en l'air, c'est une grenade lacrymogène, si c'est le poing, vous finissez en prison», estimait récemment un opérateur économique de l'île.

Les investisseurs malgaches se sont de leur côté sentis brimés par un président «businessman», monopolisant plusieurs secteurs économiques. L'opacité autour du projet mené par le Sud-Coréen Daewoo Logistics, pour exploiter jusqu'à 1,3 million d'hectares sur la Grande Ile, a aussi attisé les rancoeurs de ceux qui accusaient Marc Ravalomanana de brader la terre malgache à travers de colossaux projets miniers notamment.
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