CRISE - La Haute Cour constitutionnelle malgache a validé l'ordonnance de transfert des pouvoirs par le directoire militaire...
Que de rebondissements. Après deux mois et demi de lutte acharnée, Andry Rajoelina y est parvenu. L'ex-maire de la capitale malgache exerce désormais la fonction de président de la République de Madagascar pour une transition ne pouvant dépasser 24 mois. C'est ce qu'a confirmé ce ce mercredi la Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache en validant l'ordonnance de transfert des pouvoirs par le directoire militaire.
La veille, Andry Rajoelina, s'était vu remettre les clés du pays par le directoire militaire et avait annoncé qu'il assurerait une présidence de transition alors que la tenue d'élections aura lieu d'ici 24 mois.
Démission de Marc Ravalomanana
Le président malgache Marc Ravalomanana avait démissionné mardi après-midi et avait transféré les pouvoirs «du président de la République et de celles du Premier ministre» à «un directoire militaire».
Dans un premier temps, Rajoelina, le chef de l'oppostion, tout comme le chef d'état-major de l'armée malgache, le colonel André Andriarijaona, avaient déclaré refuser l'instauration de ce «directoire militaire». Finalement, celui-ci a remis les pleins pouvoirs à Rajoelina.
Andry Rajoelina avait investi les bureaux de la présidence dans le centre de la ville depuis
mardi matin, suivi par de nombreux partisans et salué par les militaires qui avaient pris d'assaut lundi soir les locaux de la présidence pour «précipiter le départ» de Marc Ravalomanana. Une action qui laissait à penser qu'un coup d'Etat militaire était en cours à Madagascar.
Un message d'alerte du consulat de France aux ressortissants français établis à Antananarivo indiquait: «Démission du président, risque de manifestations. Restez vigilants et éviter de circuler la nuit tombée».
«Le président est triste»
«Le président, toujours retranché au palais présidentiel d'Iavoloha, à une douzaine de kilomètres de la capitale, est triste par rapport à ce qui se passe», avait commenté plus tôt mardi le porte-parole de la présidence malgache. Selon lui, la prise des bureaux de la présidence par l'armée «provoque une réaction exacerbée de la population par rapport aux forces de l'ordre. C'est la confusion totale», a-t-il déploré, estimant qu'«on était au pic de la crise en ce qui concerne les militaires».
Interrogé par 20minutes.fr, Jean-Loup Vivier, spécialiste de l'Afrique et auteur de «Madagascar sous Ravalomanana: La vie politique depuis 2001»,
nous avait confié début février que la difficulté pour Andry Rajoelina sera «de fédérer les forces de la société civile autour de lui pour bénéficier d'un véritable soutien». Selon le spécialiste, il apparaît toutefois que «Rajoelina sera moins nocif pour le pays que l'actuel chef d'Etat (...) qui n'a tenu aucune de ses promesses».
>>> Retrouvez notre carte des coups d'Etat en Afrique depuis quinze ans
Avec agence