PROCHE-ORIENT - Salam Fayyad entend ainsi ouvrir la voie à un cabinet de «consensus national»...
Un premier pas vers la réconciliation interpalestinienne. Le Premier ministre Salam Fayyad a présenté ce samedi de son gouvernement au président Mahmoud Abbas. Objectif : ouvrir la voie à un cabinet de «consensus national», dans le cadre du processus de réconciliation avec le Hamas.
«Cette démission devient effective dès la formation d'un gouvernement de consensus national, au plus tard à la fin du mois en cours», a annoncé le bureau de Salam Fayyad dans un communiqué.
Un homme politique indépendant
La constitution d'un tel gouvernement avant la fin mars
avait été annoncée le 26 février à l'issue d'une conférence en Egypte à laquelle avaient participé le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, et le mouvement rival islamiste du Hamas.
Ancien haut fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI), Salam Fayyad, un homme politique indépendant, avait été nommé Premier ministre en juin 2007 après la prise de contrôle par la force de la bande de Gaza par le Hamas qui en a délogé les forces fidèles à Mahmoud Abbas.
Le Hamas ne le «regrettera pas»
Le Hamas a affirmé «ne pas regretter la démission de Salam Fayyad et de son gouvernement», selon son porte-parole à Gaza, Fawzi Barhoum. «C'est la fin que nous attendions car ce gouvernement est illégitime et illégal et construit sur des politiques erronées liées à la politique américaine».
Le Hamas, qui a remporté les législatives palestiniennes en janvier 2006, a toujours jugé illégitime le gouvernement de Salam Fayyad, considérant que le seul cabinet légal était celui d'Ismaïl Haniyeh qui avait été déchu par Mahmoud Abbas.
Superviser la reconstruction à Gaza
Le «gouvernement de consensus» aura pour principale tâche de préparer des élections générales et de superviser la reconstruction de Gaza,
ravagée par une offensive israélienne du 27 décembre au 18 janvier.
Un précédent gouvernement d'union nationale formé en mars 2007 n'avait duré que trois mois et avait été boycotté par la communauté internationale car il comprenait des ministres du Hamas. Récemment, un groupe d'anciens médiateurs de renom, en charge de conflits internationaux, a justement
prôné un dialogue direct avec le mouvement islamiste palestinien.
Avec agence