Ingrid Betancourt «ingrate»?

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Publié le 5 mars 2009.

COLOMBIE - C’est ce qu’affirme Noël Saez, ancien émissaire de la France en Colombie…

Petit à petit, le mythe s’effrite. Après les ex-compagnons de captivité qui ont décrit, dans un livre sorti il y a quelques jours, le comportement «hautain» d’Ingrid Betancourt, c’est maintenant l'ancien émissaire de la France en Colombie, Noël Saez, qui dénonce le comportement de l’ex-otage franco-colombienne après sa libération.

Chargé spécifiquement de ce dossier, il affirme qu'Ingrid Betancourt a été «ingrate» envers lui et son homologue suisse, Jean-Pierre Gontard.

«Il n'y a pas eu le moindre signal (de sa part), une rencontre, un coup de téléphone, rien. Elle a été ingrate», après sa libération le 2 juillet par les forces spéciales colombiennes, a-t-il expliqué mercredi soir lors d'une conférence de presse à l'occasion de la sortie, ce jeudi, de son livre «L'Emissaire» (ed. Robert Laffont). Il y évoque le dossier Betancourt et sa vie de diplomate, principalement en Amérique latine.

«J’ai risqué ma vie pour elle»

«Ingrid Betancourt, j'ai risqué ma vie pour elle, elle a fait le tour du monde, elle a remercié les grands de ce monde, le pape, le Président et autres et puis elle en a oublié certains: les plus petits, les plus exposés, ceux qui ont pris plus de risques», a-t-il poursuivi.

«Quand je l'ai vue à Mexico en janvier, j'étais extrêmement touché et je lui ai dit: c'est bien de remercier les grands de ce monde mais il ne faut pas oublier les petits, ceux qui ont risqué leur vie pour toi», a-t-il ensuite expliqué.

«Je pense qu'elle a été prise dans le tourbillon médiatique. Elle a reconnu que c'était vrai et m'a remercié pour ce que nous avions fait Jean-Pierre Gontard et moi», a-t-il ajouté.

«Il se peut qu’il y ait eu des tensions entre otages»

Après l'enlèvement d'Ingrid Betancourt, le 23 février 2002, Noël Saez, 67 ans, ancien militaire devenu diplomate, aujourd'hui retraité, ainsi que Jean-Pierre Gontard, ont négocié au nom de la France, l'Espagne et la Suisse, en vue d'obtenir un «accord humanitaire» visant à échanger les otages dits «politiques» contre quelque 500 guérilleros emprisonnés.
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