RELIGION - Plusieurs voix s'étaient déjà élevées pour qualifier sa lettre de pardon d'«ambiguë»...
"Tu peux faire mieux, Richard". C'est en substance le message de Rome la catholique.
Les regrets formulés par l'évêque intégriste Richard Williamson pour ses propos négationnistes ne correspondent pas à l'exigence qui lui a été présentée de les retirer «sans équivoque et publiquement», a déclaré vendredi le porte-parole du Vatican.
Et gare, Monseigneur, où vous serez damné par l'Union Européenne: la commission lui rappelle ce vendredi que ses thèses négationnistes constituent un délit dans plusieurs pays, même s'il peut circuler librement dans l'UE. «Je signale que dans la plupart des Etats, comme la France, le négationnisme peut être poursuivi. Les juridictions nationales sont compétentes pour condamner le négationnisme», a souligné Jacques Barrot, le commissaire européen à la Justice. A condition toutefois qu'il réitère ses propos sur le sol du pays concerné.
«Pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont honnêtement scandalisées par ce que j'ai dit» Mgr Williamson
a demandé «pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont honnêtement scandalisées par ce que j'ai dit» pour ses déclarations négationnistes, dans une lettre au Vatican publiée jeudi à Rome par l'agence catholique Zenit.
L'évêque, arrivé mercredi en Grande-Bretagne après avoir été déclaré persona non grata en Argentine, regrette dans cette lettre «la douleur» qu'il a causée «avant tout à l'Eglise, mais aussi aux survivants et aux parents des victimes qui ont subi des injustices sous le IIIe Reich», précisant avoir «seulement exprimé l'opinion d'un non-historien».
Une lettre «absolument ambiguë»
Reste qu'il ne semble pas, dans cette lettre, revenir sur son opinion. Comme le souligne le président de l'Union des communautés juives italiennes Renzo Gattegna, cité par l'agence Ansa, a jugé la lettre de Mgr Williamson «absolument ambiguë». L'évêque «évite soigneusement» dans cette lettre de «renier les thèses négationnistes» ou de «citer la Shoah», a relevé Reno Gattegna.
Le Crif considère, de son côté, que la déclaration est «un non-événement». «Il n’y renie nullement les déclarations négationnistes qu’il proclame depuis une vingtaine d’années, et qui n’avaient pas jusque là beaucoup ému ni les dirigeants de la Fraternité Saint Pie X, ni les membres de la commission Ecclesia Dei», a fait savoir le Conseil représentatif des institutions juives de France.
Avec agence
PATIENCE ET NEGATIONNISME - Jacques Barrot a souligné ce vendredi que la loi européenne approuvée le 28 novembre 2008 qui punit pénalement, sous certaines conditions, l'apologie du négationnisme comme incitation à la haine raciale ne pouvait pas encore être appliquée. Elle doit en effet être transposée dans les législations nationales.