Un Nouvel An tibétain sous le signe du deuil

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Publié le 25 février 2009.

Le Nouvel An tibétain, qui a lieu aujourd'hui, a un goût amer pour la population. Selon l'AFP, le dalaï-lama a appelé au boycott des célébrations, en signe de deuil, après les émeutes antichinoises du 14 mars 2008. Ces dernières avaient fait au moins 203 tués et près de 1 000 blessés, selon les exilés tibétains. Ce mouvement intervient à un moment où la sécurité a été renforcée dans la région autonome et dans les provinces limitrophes à population tibétaine. Les autorités chinoises redoutent en effet la célébration, le 10 mars, du 50e anniversaire de l'insurrection tibétaine, qui avait été suivie de la fuite en Inde du dalaï-lama.

« D'habitude, c'est un jour de festivités et de joie, explique Tenzin Taklha, porte-parole du dalaï-lama à Dharamsala, en Inde. Mais cette année, ce sera un jour de prières à la mémoire de tous les Tibétains qui sont morts et pour tous ceux qui souffrent de la tutelle chinoise. » Divers groupes de défense des droits de l'homme et des blogueurs au Tibet ont indiqué que la campagne en faveur de « l'acte de désobéissance civile » que serait un boycott du Nouvel An commençait à prendre non seulement au Tibet mais dans les zones tibétaines environnantes. Pendant ce temps, les autorités chinoises encouragent vivement les Tibétains à célébrer la nouvelle année, notamment en leur donnant de l'argent, des produits alimentaires ou vestimentaires, et en organisant un gala télévisé. Des responsables locaux ont donné 800 yuans (90 euros) à quelque 70 000 Tibétains pauvres ou retraités afin de « permettre aux personnes en difficulté de profiter d'un Nouvel An tibétain heureux et placé sous de bons auspices », selon un site gouvernemental consacré au Tibet, le China Tibet News.

Le dalaï-lama a récemment évoqué de fortes tensions au Tibet. « Aujourd'hui, il y a trop de colère », a-t-il confié lors d'un entretien avec des journalistes en Allemagne, « la situation est très tendue, des débordements peuvent arriver à tout moment ». Pékin a répliqué que le Tibet était « stable », tout en se disant engagé dans une « lutte de classes à la vie à la mort » contre les séparatistes. ■

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