Effervescence au Canada pour le premier voyage d'Obama

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Publié le 19 février 2009.

ETATS-UNIS - Alors que son prédécesseur avait choisi le Mexique, le président américain se rend chez ses voisins avec de lourds dossiers sous le bras...

Il renoue avec la tradition et chasse Bush. Barack Obama est arrivé ce jeudi à Ottawa, la capitale canadienne, pour une brève visite qui devrait être dominée par l'économie et l'environnement, mais qui risque de décevoir ceux qui espèrent apercevoir le président américain. Un premier voyage de sa présidence à l'étranger qui souligne que la page Bush est bel et bien tournée.

Bien que prévue pour ne durer que quelques heures, cette visite provoque une grande effervescence au Canada, ravi d'être le premier pays à accueillir le nouveau président hors de ses frontières. Si quelques milliers de personnes s'étaient rassemblées à Ottawa fin 2004 pour protester contre George W. Bush, cette fois-ci ils sont des milliers à espérer apercevoir Barack Obama. Mais, en raison des imposantes mesures de sécurité, leurs chances sont minces de voir autre chose que la limousine présidentielle. Plusieurs rues du centre-ville de la capitale canadienne ont été bloquées, mais le public était admis devant le parlement où aura lieu l'entretien entre le président américain et le Premier ministre conservateur Stephen Harper.

Arrivée d'Obama à bord du Air Force One à l'aéroport




Rassurer les partenaires commerciaux

Alors que les deux économies sont intimement liées, Obama parlera surtout de la crise mondiale, selon ses collaborateurs. Il sera aussi question d'Afghanistan, d'approvisionnements énergétiques et de lutte contre le réchauffement climatique. Un milliard et demi de dollars s'échangent quotidiennement entre les deux plus grands partenaires commerciaux de la planète. Les vicissitudes de l'économie américaine, de son industrie automobile par exemple, sont aussi celles du Canada.

Les milieux économiques canadiens s'étaient inquiétés du désir d'Obama de réexaminer l'Alena, le grand accord de libre-échange entre leur pays, les Etats-Unis et le Mexique, ainsi que du plan de relance économique, qui était assorti d'une clause affirmant la préférence nationale. Les Canadiens «ne devraient pas trop s'en faire», a dit Barack Obama mardi à la chaîne canadienne CBC. Des gouverneurs ou des maires américains tâcheront certes d'acheter américain avec l'argent du plan, mais les Etats-Unis respecteront leurs engagements commerciaux, «comme nous l'avons toujours fait».

Quant à renégocier l'accord de libre-échange, un haut collaborateur d'Obama, Denis McDonough, a minimisé l'ampleur de ce que voulait faire le président, assurant que ce dernier souhaite «faire comprendre» et non pas forcer la main, et que, de toute façon, le moment n'est pas le bon dans une période de «tourmente».

Le Canada est une première étape internationale presque obligée pour le président américain. Trois des quatre derniers présidents y ont fait leur premier voyage. «Cela n'a pas été le cas avec le président Bush et les Canadiens se sont sans doute sentis snobés», estime l'experte Jodi White en évoquant la relation d'amitié un peu «schizophrène» que les Canadiens ont avec les Américains. Les quelques heures de séjour de Barack Obama à Ottawa ne devraient donc pas s'accompagner d'annonce retentissante.
MD avec agence
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