Indépendant certes, mais toujours en chantier. Un an après la proclamation d'indépendance du Kosovo, le 17 février 2008, Pristina reste confronté à des défis considérables : la profonde division ethnique qui ne cesse de se creuser au sein même du pays entre Serbes et Kosovars et le développement d'une économie à bout de souffle.Les dirigeants kosovars sont optimistes. Le Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi s'est félicité d'« une année totalement réussie » depuis l'indépendance. Pour le chef du gouvernement, l'adoption d'une Constitution ainsi que la reconnaissance de l'indépendance par cinquante-quatre pays dans le monde sont à mettre au crédit du nouvel Etat et de ses dirigeants.
Un an après, le rejet par Belgrade de la proclamation d'indépendance reste néanmoins total. Le gouvernement serbe fonde beaucoup d'espoir sur l'opinion de la Cour internationale de justice (CIJ) concernant la légalité de cette émancipation. Une initiative qui jette une ombre « sur la proclamation d'indépendance du Kosovo », estime Peter Palmer, représentant au Kosovo du centre d'analyses International Crisis Group.
Mais, c'est surtout le refus des Serbes du Kosovo de reconnaître les autorités albanaises de Pristina qui constitue l'un des principaux défis des dirigeants kosovars. En effet, il y a environ 100 000 Serbes au Kosovo sur une population de quelque deux millions d'habitants. Or, ils refusent le pouvoir de Pristina, lui préférant les services de structures parallèles mises en place par Belgrade dans les zones serbes du nouvel Etat. Une fracture, au sein même du pays, qui ne devrait pas trouver de solution dans un proche avenir, même si « à plus long terme, naturellement, la Serbie devra se faire à la réalité de l'indépendance du Kosovo. Et c'est également valable pour les Serbes du Kosovo », considère Peter Palmer, de International Crisis Group.
Autre défi de taille pour Pristina : l'économie (lire ci-contre), l'une des plus pauvres d'Europe, avec un taux de chômage atteignant 40 % de la population active. Selon la Banque mondiale, près de la moitié de la population vit avec 1,50 eur par jour. ■