Bouteflika rempile pour un troisième mandat

ALGERIE Le président sortant se présente aux élections présidentielles du 9 avril prochain…

Avec agence

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Plusieurs dirigeants de l'opposition avaient annoncé, avant même la décision du président de se représenter, qu'ils boycotteraient le scrutin.

Plusieurs dirigeants de l'opposition avaient annoncé, avant même la décision du président de se représenter, qu'ils boycotteraient le scrutin. — Fayez Nureldine AFP/Archives

Et de trois. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé ce jeudi sa candidature officielle à un troisième mandat lors de l'élection présidentielle du 9 avril. Elu en 1999 et réélu en 2004 avec 84,99% des voix, il s’est exprimé devant quelque 5.000 personnes réunies à Alger dans une immense salle portant le slogan «Une Algérie forte et sereine».

Le président sortant, âgé de 72 ans, se présentera comme «candidat indépendant» et a promis de poursuivre sa politique de réconciliation nationale. Pourtant, le scrutin est déjà boycotté par les principaux partis d’opposition.



Rejet du scrutin par l'opposition



Dès le 15 janvier, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un des principaux partis de l'opposition traditionnelle, a «rejeté» le scrutin présidentiel. Son président Saïd Sadi ne se présentera pas. Et de justifier: «Refuser de se commettre dans ce pitoyable et dangereux cirque est autant affaire de politique que de dignité.»



«Les jeux sont faits» depuis la révision de la constitution en novembre 2008 autorisant un nombre infini de mandats présidentiels successifs, ajoute Saïd Sadi, qui avait obtenu 1,94% des voix en 2004.



Le Front des Forces socialistes (FFS), autre parti d'opposition particulièrement implanté en Kabylie, devrait aussi boycotter le scrutin. De même que l’une des figures du mouvement islamiste, Abdellah Djaballah. Un seul candidat de l'opposition islamiste, Belaïd Mohand Oussaid dit Mohamed Said, qui vient de créer le Parti liberté et justice (PJL), est en lice.



L'abstention: ultime concurrent de Bouteflika



Abdelaziz Bouteflika bénéficie d'ores et déjà d'une formidable machine électorale: les trois partis membres de l'Alliance présidentielle - le Front de libération nationale (le parti du Président, nationaliste), le Rassemblement national démocratique (libéral) et le Mouvement pour la société de la paix (islamique) - ont depuis plusieurs semaines activé tous leurs puissants réseaux.



Le président sortant prétend vouloir reconduire sa politique de développement des infrastructures, en promettant un plan de 150 milliards de dollars sur les cinq prochaines années pouvant créer «trois millions d'emplois» avec une économie «diversifiée».



Finalement, l'abstention reste la grande inconnue de cette élection et sera peut-être la pire adversaire de Abdelaziz Bouteflika.