Tzipi Livni ou Benyamin Netanyahou ? Côté palestinien, la question sur les deux candidats rivaux aux législatives israéliennes, qui se déroulaient hier, n'appelle que des commentaires désabusés. « Livni [centre] et Netanyahou [droite] sont les deux faces d'une même pièce, lâche Naël autour d'une partie de trictrac dans un café de Ramallah. Ces élections ne changeront rien. Les Israéliens occupent notre terre et tuent des Palestiniens. Leur politique ne change pas », ajoute-t-il. Les négociations de paix engagées en novembre 2007 entre l'Autorité palestinienne et la candidate de Kadima, Tzipi Livni, n'ont pas convaincu. La colonisation des territoires occupés se poursuit et un accord de paix semble toujours hors de portée.
« Netanyahou a le mérite d'être plus franc que Livni, renchérit Mustapha. Lui, au moins dit clairement qu'il ne croit pas à la paix, qu'il continuera d'étendre les colonies et qu'il ne libérera pas les prisonniers. » Echaudés par une campagne israélienne très à droite, après l'offensive de vingt-deux jours à Gaza, l'absence du « camp de la paix » et une surenchère des différents candidats sur le thème de la sécurité et de la fermeté, les Palestiniens estiment n'avoir rien à attendre du prochain gouvernement israélien. « Pour nous, il n'y a pas vraiment d'enjeu, explique Rami Rabayah, ancien fonctionnaire de l'Autorité palestinienne. Kadima est resté au pouvoir pendant quatre ans pour finir par faire la guerre à Gaza. Ça ne peut pas vraiment être pire. » La perspective d'un retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou, chef de file du Likoud et dont le passage au pouvoir, de 1996 à 1999, est associé pour les Palestiniens à l'échec des accords d'Oslo, suscite tout de même des craintes. « Je suis inquiet de voir la société israélienne virer de plus en plus vers la droite. Un gouvernement israélien de droite va chercher à imposer sa politique. Ce sera d'autant plus difficile de trouver une solution négociée », prédit Jalal Khader, un avocat palestinien.
De son côté, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déjà fait savoir qu'il est prêt à « coopérer avec tout gouvernement israélien élu » et à poursuivre les négociations de paix. En coulisses, ses conseillers ne cachent pas qu'ils comptent sur la nouvelle administration américaine de Barak Obama pour atténuer les conséquences d'un retour aux affaires de la droite dure en Israël. ■