C'est une première pour un chef de l'Etat français. Hier, Nicolas Sarkozy a fait une visite surprise à Bagdad (Irak). Objectif : inciter les entreprises françaises à engager des capitaux dans le pays. « Ma venue ici, c'est pour [leur] dire : "C'est le moment, venez investir" », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki. Parmi les domaines envisagés, le président français a cité la défense, le secteur pétrolier avec Total et l'eau. Le Président a ajouté qu'une large délégation d'entreprises françaises, conduite par le Premier ministre français, François Fillon, et le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, viendrait en Irak « d'ici à l'été ». Jusqu'à présent, pour des raisons de sécurité et par crainte des enlèvements, les compagnies françaises n'avaient pas le droit de venir en Irak, mais la sécurité s'est nettement améliorée depuis un an.
Par ailleurs, le chef de l'Etat français a annoncé la construction prochaine d'une nouvelle ambassade de France à Bagdad et de deux consulats. Le président français s'est engagé à une collaboration « sans limites » de la France à la reconstruction de l'Irak, « sur le plan économique, en matière d'énergie, de reconstruction », mais aussi pour « aider à former vos élites » et « sur le plan diplomatique ». Cette visite intervient dix jours après les élections provinciales irakiennes, qui ont vu la nette victoire de la coalition de Nouri al-Maliki. ■