Un janvier noir et le chômage au plus haut depuis dix-sept ans. Les Etats-Unis ont connu un début d’année terrible au niveau de l'emploi, marqué par la disparition de près de 600.000 postes de travail, une véritable saignée dans les forces vives du pays.

L'année 2009 commence encore plus mal que n'a fini 2008. Avec plus de 2,9 millions de postes détruits, c'était pourtant la plus destructrice pour l'emploi depuis qu'existent des statistiques sur le sujet, depuis l'année 1939... Et cette tendance devrait se poursuivre dans les mois à venir.

Le taux de chômage de la première puissance économique mondiale atteint désormais 7,6%, son plus haut niveau depuis septembre 1992.

Affaiblissement «spectaculaire»

598.000 emplois de moins en janvier, donc, selon le département du Travail. C’est plus que ce qu'attendaient les analystes et leurs sombres augures (580.000 postes détruits).

Janvier a été le treizième mois consécutif de destructions nettes d'emploi aux Etats-Unis. Mais le rythme s'accroît et c'est le troisième mois de suite que ces destructions sont supérieures au demi-million de postes: il y en a eu 597.000 en novembre, et 577.000 en décembre. Le ministère du Travail reconnaît que le marché du travail continue «de s'affaiblir de manière spectaculaire».

«Depuis le début de la récession en décembre 2007, les pertes d'emplois ont atteint 3,6 millions, dont la moitié environ a eu lieu au cours des trois derniers mois», écrit-il.

L’industrie, secteur le plus sinistré

Tous les secteurs de l'économie sont frappés, à l'exception notable de celui de l'éducation et des soins de santé, qui a créé 54.000 emplois, et du secteur public, qui en a créé 6.000. Secteur le plus sinistré depuis deux ans, l'industrie a encore perdu 319.000 emplois.

Le secteur tertiaire, qui emploie près de 85% de la main d'oeuvre non agricole, a perdu 279.000 postes de travail, après 327.000, en décembre.

Obama veut accélérer la relance

Les Etats-Unis comptent désormais officiellement 11,6 millions de chômeurs, auxquels s'ajoutent plus de 5,8 millions de personnes disant vouloir trouver un emploi mais échappant aux statistiques du chômage pour diverses raisons.

Ce sont les minorités ethniques qui sont le plus touchées, le chômage chez les Afro-Américains a encore augmenté de 0,7 point pour atteindre 12,6 %. La hausse est de 0,5 point à 9,7 % chez les Hispaniques. Seul rayon de soleil, le salaire horaire moyen, qui progresse de 5 cents pour atteindre 18,46 dollars (environ 14 euros).

Après la publication de ces chiffres, la Maison Blanche a accentué la pression sur le Congrès pour qu'il adopte rapidement le plan de relance discuté depuis maintenant plusieurs semaines et censé sauver ou créer de 3 à 4 millions d'emplois. Barack Obama a de nouveau jugé «irresponsable» et «inexcusable» le retard pris pour l'adoption de ce plan au Sénat, face à la situation.

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