Les Tchèques passablement agacés par Nicolas Sarkozy

ECONOMIE Ils s'émeuvent des propos du président jeudi soir sur les délocalisations et les relocalisations...

Avec agence

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Au sommet de Bruxelles, les 27 pays de l'Union européenne (UE) sont tombés d'accord pour prendre toutes les "mesures nécessaires pour soutenir la croissance et l'emploi". Mais ils ne sont pas convaincus de l'opportunité d'un véritable plan de relance européen.

Au sommet de Bruxelles, les 27 pays de l'Union européenne (UE) sont tombés d'accord pour prendre toutes les "mesures nécessaires pour soutenir la croissance et l'emploi". Mais ils ne sont pas convaincus de l'opportunité d'un véritable plan de relance européen. — Pascal Rossignol AFP

Il y a bien un pays où on n’a guère goûté la sortie télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi soir. Les Tchèques n’ont pas apprécié le lien direct fait par le président français entre leur pays et les délocalisations qui fragilisent l’industrie française.

Nicolas Sarkozy veut «qu'on arrête les délocalisations, et que si possible on relocalise». Et il ajoute : «Si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs». Ces propos du chef de l'Etat français, repris sur les sites d'information quelques minutes après la fin de l'allocution, ont suscité toute cette journée de vendredi des réactions négatives en pagaille, en République tchèque, mais aussi en Slovaquie.

La peur d'un «protectionnisme massif»

«Les tentatives d'utiliser la crise financière pour introduire des formes de protectionnisme risquent de ralentir et de mettre en péril la relance de l'économie européenne et la confiance des consommateurs et des investisseurs», a déclaré le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, au nom de la présidence européenne de l’UE. «Le président français souhaite protéger les intérêts de son pays, et moi en tant que Premier ministre tchèque et président du Conseil européen, je défendrai le principe ‘‘mêmes règles pour tous’’», a lancé Topolanek.

«Si quelque chose est susceptible de contribuer à l'approfondissement et à la prolongation de la crise, c'est un protectionnisme massif instauré par de grands Etats», a déclaré le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce, Martin Riman. A Bratislava, le ministre slovaque de l'Economie, Lubomir Jahnatek, a estimé que l'initiative de la France était «très contre-productive».

Peugeot fortement implanté

Le site de la société TPCA (Toyota Peugeot Citroën Automobile), inauguré en février 2005 à Kolin (centre) a fabriqué en 2008 un total de 324.289 voitures Toyota Aygo, Peugeot 107 et Citroën C1, en hausse de 5,1% par rapport à 2007.

En Slovaquie, le groupe français PSA a produit, en 2007, 186.000 véhicules sur son site de Trnava, qui compte quelque 3.000 employés. Le groupe s'est installé en 2006 en Slovaquie pour un investissement de 800 millions d'euros, contribuant ainsi à l'essor économique de l'ancien pays communiste, largement dépendant aujourd'hui de l'industrie automobile.

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