GUERILLA - L'armée s'est emparée jeudi de la dernière base navale des rebelles. Très affaiblis, les Tigres de libération de l'Eelam pourraient rendre les armes...
Après
37 ans de conflit, le pays est-il en passe de mettre fin à la guérilla? Le Sri Lanka, dont l'armée affronte un dernier carré de rebelles tamouls, a offert jeudi l'amnistie aux guérilleros qui déposeraient les arme, tout en excluant de négocier les conditions d'une reddition, comme le réclame la communauté internationale.
Tant que le chef des Tigre ne s'est pas rendu, la guérilla n'est pas terminée
Jeudi, l'armée s'est emparée de la dernière base navale des rebelles
à Chalaï, sur la côte du nord-est au bord de l'océan Indien. Une offensive finale contre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), acculés sur 200 km2 de jungle. Alors qu'une vague d'émotion monte à l'étranger et que le Premier ministre sri-lankais Ratnasiri Wickremanayake
a tendu la main aux combattants des Tigres, le pape a appelé au respect du droit humanitaire et en Europe, 20.000 personnes ont manifesté pour les Tamouls.
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«L'armée est en train de venir à bout des Tigres tamouls c'est vrai, mais tant que leur chef ne se sera pas rendu, on ne peut pas dire que la guérilla est terminée», précise Eric Meyer, spécialiste du pays. Depuis plus de deux ans, le mouvement rebelle s'est fortement affaibli avec, notamment, la défection d'une partie de ses combattants. «Les jeunes Tamouls originaires de l'Est ont quitté les troupes car ils ne voulaient pas se battre pour le Nord», explique Eric Meyer. Une aubaine pour l'armée gouvernementale forte de 150.000 hommes et qui a intensifié ses actions dans les derniers bastions détenus par les LTTE.
Pas de négociation, mais quelle solution politique?
Le secrétaire à la Défense, l'influent Gotabhaya Rajapakse, frère du président Mahinda Rajapakse, a rejeté toute négociation avec la rébellion en martelant qu'il n'accepterait qu'une capitulation totale. «La communauté internationale ne devrait pas compter sur un feu vert du gouvernement à une participation des LTTE en tant que parti politique à de nouveaux pourparlers», a-t-il averti.
Les Etats-Unis, l'Union européenne, le Japon et la Norvège, médiateurs et bailleurs de fonds au Sri Lanka, avaient exhorté mardi les Tigres à «discuter avec le gouvernement sri-lankais des modalités pour mettre fin aux hostilités, dont le dépôt de leurs armes et la renonciation à la violence». «La solution serait probablement la mise en place d'un Etat fédéral qui permettrait une reconnaissance de la culture et de la langue tamoules», précise Eric Meyer. «Mais il faut être vigilant, les Tigres ont un trésor de guerre considérable et la rébellion pourrait se reformer rapidement en cas de désaccord».
Maud Descamps avec agence