A peine arrivé, déjà dans la tourmente. Hier, George Mitchell avait tout juste eu le temps de poser le pied à Jérusalem que déjà les échauffourées reprenaient dans la bande de Gaza. Preuve, s'il en était besoin, de l'ampleur de la tâche qui attend le nouvel émissaire américain pour le Proche-Orient.
En effet, hier matin, en riposte à la mort d'un de ses soldats la veille dans une explosion au passage de sa patrouille, Israël menaçait d'« agir » dans la bande de Gaza. « Face à une provocation aussi violente, Israël agira pour se protéger », a averti Mark Regev, le porte-parole du Premier ministre, Ehoud Olmert. Un peu plus tôt, l'Etat hébreu avait déjà mené des raids de représailles, tuant un Palestinien.
La veille, au Caire, où il a entamé sa première tournée régionale, l'émissaire pour le Proche-Orient, ancien sénateur démocrate, a estimé d'une « importance cruciale » que le cessez-le-feu à Gaza soit « étendu et consolidé ». Célébré pour ses talents de négociateur en Irlande de Nord, où il est considéré comme l'architecte des accords de paix (1998), Mitchell doit permettre à la nouvelle administration de « mettre en oeuvre une solution spécifique » au conflit israélo-palestinien, notamment.
Bien accueillie par le monde arabe, la nomination de cet ancien avocat, âgé de 75 ans, dont le père était d'origine irlandaise et la mère libanaise maronite, est en revanche moins bien perçue du côté de la droite israélienne, où on le soupçonne d'inclinations proarabes. Il n'empêche qu'il faudra désormais compter avec cet homme, qu'Obama a présenté comme parlant en son nom. ■A. Le G.