Le casse-tête du transfert des détenus

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Publié le 28 janvier 2009.

Si l'administration Obama tient ses délais, le camp de Guantanamo sera fermé dans un an. Qu'adviendra-t-il de ses 245 détenus ? En fonction de leur dossier, ils seront transférés soit dans leur pays d'origine, soit aux Etats-Unis, soit dans un pays tiers si la première possibilité les expose à de mauvais traitements. Quoi qu'il en soit, « toutes les options sont imparfaites », reconnaît l'entourage du président américain.

L'Union européenne, qui avait appelé à fermer ce camp, ouvert en 2002 et situé hors de tout cadre légal, s'est réunie lundi pour discuter d'un accueil de prisonniers jugés non dangereux. Si les Vingt-Sept ont unanimement salué la décision de fermer la prison, peu d'entre eux sont pourtant prêts à franchir ce pas.

La Suède, l'Autriche, le Danemark et les Pays-Bas ont déjà refusé, tandis que la Pologne et la Roumanie, accusées d'avoir hébergé des prisons secrètes de la CIA, gardent le silence de peur de raviver la polémique. Parmi les volontaires - sous conditions drastiques - figurent la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et le Portugal.

Au final, « les pays européens n'accueilleront qu'un très petit nombre de détenus », prévoit Simon Petermann, qui s'est rendu à trois reprises à Guantanamo comme expert pour l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). La France compte ainsi étudier les dossiers « au cas par cas » et uniquement si le prisonnier (et non Washington) en fait la demande. Les considérations sécuritaires priment. « Nous voulons nous assurer que le détenu n'est plus poursuivi et qu'il peut s'intégrer en France sans être un danger pour l'ordre public », explique une source proche du dossier. Le cas de Saïd Ali al-Shehri, libéré de Guantanamo puis devenu un chef d'Al-Qaida au Yémen, nourrit les craintes des Européens. Les pays volontaires scruteront donc à la loupe les dossiers fournis par les Etats-Unis.

Pour ces derniers, la tâche est immense. « Guantanamo a créé un véritable imbroglio juridique, relève Simon Petermann. La Cour suprême ou fédérale va-t-elle casser les jugements prononcés ? Les fameuses commissions militaires du camp vont-elles cesser ? Une armée de juristes va se mettre au travail pour clarifier tout ça. Cela prendra du temps. » ■

Faustine Vincent
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