Gaza: Quels termes pour une trêve durable?

Publié le 22 janvier 2009.

PROCHE-ORIENT - La durée du cessez-le-feu, la libération de Gilad Shalit ou encore la fin du blocus sont autant de points de discorde entre les deux camps auxquels vient s'ajouter la discorde interpalestinienne loin d'être résolue…

Alors que le calme est revenu à Gaza, les négociations pour un cessez-le-feu durable entre le Hamas et Israël se poursuivent. Les deux camps ont décrété unilatéralement un cessez-le-feu, l'Egypte n'ayant pu obtenir un arrêt concerté des hostilités. Mais la durée et les termes d'un «armistice» n'ont pas été conclus.

Dès le début de la guerre, qui a causé la mort à 1.330 Palestiniens, et 13 Israéliens, l'Egypte a défini un cadre aux négociations indirectes qui vont reprendre jeudi. Une trêve des violences, selon l'Egypte, doit comporter des engagements et garanties écrits, à la différence de la précédente (19 juin-19 décembre), qu'elle avait déjà parrainée. Ces garanties devraient inclure «la sécurisation des frontières», ce qu'exige Israël, «l'ouverture des points de passage frontaliers et la levée du blocus» de la bande de Gaza, comme le réclament les Palestiniens.

La durée de la trêve: Aucun accord ne se dessine sur la durée de la trêve des violences. Le Hamas a suggéré six mois, puis un an renouvelable, ce que refuse Israël qui réclame qu'elle soit illimitée.

La surveillance de l'application de la trêve: Pour la garantir, ainsi que les passages frontaliers, des pays européens ou la Turquie ont proposé l'envoi de policiers, sur le modèle des observateurs européens de «l'Eubam» déployés à Rafah, à la frontière avec l'Egypte.

La sécurité aux frontières: Israël attend de l'Egypte l'engagement concret d'éradiquer les tunnels alimentant en armes le Hamas et creusés sous sa frontière avec la bande de Gaza, la ligne de Philadelphie. Ayant pilonné ces tunnels, Israël a conclu un accord «anti-contrebande» avec les Etats-Unis, obtenant aussi, comme une victoire plus diplomatique qu'opérationnelle, un engagement de quatre pays européens à faire de même.

La fin du blocus: Les choses sont complexes s'agissant de la fin du blocus de facto décrété par Israël depuis le coup de force du Hamas, en juin 2007, avec la réouverture des six points de passage, dont l'un avec l'Egypte pour les personnes à Rafah. Aux termes d'un accord de 2005, dont l'Egypte n'est pas signataire, mais qu'elle s'estime tenue de respecter, l'ouverture de Rafah implique la présence de l'Autorité palestinienne.

Son retour présuppose une réconciliation palestinienne alors que les forces fidèles au mouvement Fatah de Mahmoud Abbas ont été évincées par le Hamas après 18 mois de cohabitation houleuse. La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a lié la réouverture des points de passage entre Israël et la bande de Gaza au sort de Gilad Shalit, un soldat détenu par le Hamas depuis juin 2006.

La réconciliation interpalestinienne: Réconcilier les deux rivaux - l'Autorité palestinienne, qui ne contrôle plus que la Cisjordanie, et le Hamas, maître de Gaza - est l'objectif central de l'Egypte qui a déjà essuyé un échec en novembre. Une idée sur la table serait qu'un «gouvernement de technocrates» Fatah-Hamas, puisse déléguer des représentants aux côtés de la garde présidentielle de l'Autorité présidentielle en charge du terminal de Rafah.

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