La France a avancé vers un dialogue avec le Hamas, a estimé jeudi un ancien haut diplomate français, Yves Aubin de la Messuzière qui a déjà noué des contacts avec les dirigeants islamistes. «C'est une bonne chose, un bon pas», a-t-il déclaré , en réaction à la déclaration du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner qui, pour la première fois, a qualifié le Hamas palestinien d'«interlocuteur» possible.
Revenant d'une mission en Israël et dans les territoires occupés, avec la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), en fin de guerre de Gaza, cet ancien diplomate devenu chercheur a ouvert un contact permanent avec le Hamas. Il s'est aussi félicité que le porte-parole du Quai d'Orsay ait insisté mardi sur la «renonciation à la violence» de la part du Hamas comme un «élément absolument majeur» pour que la France ouvre ce dialogue jusqu'à présent exclu.
Le Hamas a gagné en popularité
Officiellement, Paris campe sur les exigences posées par le Quartette -Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU- au Hamas de s'engager sur les principes de la non violence, de la reconnaissance d’Israël et de l’acceptation des accords antérieurs. Pour cet ex-directeur «Afrique du nord et Moyen-Orient» du Quai, la guerre meurtrière lancée par Israël contre le Hamas à Gaza, «ne semble pas se traduire par une montée en puissance des éléments radicaux» du mouvement islamiste. «J'ai le sentiment que la direction politique actuelle, pragmatique et ouverte, favorable à un cessez-le-feu à long terme est sortie renforcée» mais «que le Hamas a plus gagné en popularité en Cisjordanie qu'à Gaza».
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Pour lui, le sommet de Doha, organisé la semaine dernière en présence du Hamas et de l'Iran, par le Qatar contre les modérés du camp arabe, Egypte et Arabie Saoudite en tête, «montre que le Hamas n'est pas isolé». Réagissant aux deux missions qu'il a entreprises ces derniers mois auprès du Hamas, le Quai d'Orsay avait affirmé que l'ex-diplomate n’était pas mandaté par les autorités françaises, et ne menait pas une mission officieuse.
Des discussions qui s'annoncent difficiles
L'Autorité palestinienne de Abbas ne contrôle que la Cisjordanie depuis que le Hamas l'a violemment chassée de la bande de Gaza en juin 2007. Abed Rabbo s'en est violemment pris en particulier au chef en exil du Hamas Khaled Mechaal, l'accusant d'être l'artisan de ce «projet séparatiste» et de poser des conditions entravant toute réconciliation entre son mouvement et le Fatah.
Il a dénoncé les «exagérations et les fanfaronnades politiques» de Khaled Mechaal, qui a proclamé mercredi la «victoire» du Hamas face à Israël dans la bande de Gaza, où l'offensive de l'armée israélienne a fait plus de 1.300 morts palestiniens et causé une énorme dévastation du 27 décembre au 17 janvier.
Les journalistes autorisés à entrer dans Gaza
Les autorités israéliennes ont décidé de rouvrir à partir de vendredi le terminal d'Erez aux journalistes désirant se rendre dans la bande de Gaza, a annoncé jeudi le ministère de la Défense. Le point de passage entre Israël et le territoire palestinien avait été fermé à la presse au premier jour de l'offensive israélienne contre le Hamas, le 27 décembre dernier.
Il avait été maintenu fermé tout au long des 22 jours qu'ont duré les opérations militaires. L'armée israélienne a également décrété le secteur frontalier longeant la bande de Gaza «zone militaire fermée» deux jours après le déclenchement de son offensive. Depuis le cessez-le-feu intervenu dimanche, Israël ne laissait passer vers Gaza que des journalistes en «pool» et pour une durée limitée.
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