Obama, la fin des promesses, l'épreuve du réel

ETATS-UNIS Un pays en crise, une attente immense.

Armelle Le Goff

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Rarement l’espoir n’aura été si grand. Rarement transition, entre son élection le 4 novembre et sa prise de fonction ce 20 janvier, n’aura semblé si longue. Les Etats-Unis ont rendez-vous avec leur 44e président. Et, avec eux, il semble que le monde tout entier s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. La raison de cette immense attente? Les deux mandats de George W. Bush et leur cortège de guerres, d’erreurs, et d’incuries. Huit années, qui ont provoqué une vraie rupture avec le reste du monde. Huit années, qui ont rendu un changement de cap indispensable.

En faisant campagne sur l’espoir et le changement, Barack Obama a suscité une immense attente. Aux Etats-Unis comme à l’étranger. Le monde entier a suivi pas à pas l’accession du premier noir à la Maison Blanche. Un événement pour les Etats-Unis, mais aussi pour le reste du monde, où le rêve américain profondément ancré, a ainsi prouvé sa vigueur et son actualité.

Une immense tâche l'attend

Mais, à quelques heures de prendre le pouvoir, les doutes se font jour: va-t-il être à la hauteur? Sa tâche n’est-elle pas trop lourde? Est-il vraiment celui qu’on croit? Ses premiers pas le diront. Car, en politique, héritage de l’ex-président et père du New Deal Franklin Delano Roosevelt oblige, les «cent» premiers jours constituent une jauge digne de foi. Il va donc lui falloir agir. Et vite.

A-t-il seulement le choix? La crise économique est là, qui aspire le pays dans sa spirale décroissante. Depuis son élection, plus de 500.000 Américains seraient venus chaque mois grossir les rangs des chômeurs. La remise sur pied du pays sera donc son défi majeur. Il s’y est préparé, ces onze dernières semaines. Déjà sur les rails: un plan gigantesque de près 1.000 milliards de dollars sur deux ans.

Passer des promesses à l'action

Mais quels postes feront les frais de ces priorités imposées? Certains, déjà, préviennent: il y a aura des pots cassés. Ainsi Peter Baker, du New York Times, écrit: «Je ne pense pas que vous entendrez parler d’un couverture universelle des coûts de la santé cette année.» Quelque 46 millions d’Américains en sont pourtant privés et restaurer le système de l’assurance-maladie est une des promesses du candidat.

Il lui faudra donc rassurer. Faire preuve de pédagogie. Durant la campagne, il a montré qu’il savait user du verbe pour provoquer la confiance. «Je ne suis pas sûr que quiconque aurait la carrure pour diriger notre pays, observe David Mendell, l’auteur de la biographie "Obama, from rise to power". Mais Obama a du talent, de la force et de l’intelligence comme personne pour tenir ce rôle». Il a d’ailleurs déjà prévenu: «La route va être longue. La côte sera dure. Il se peut que nous n’y parvenions pas dans un an ou même au cours d’un mandat présidentiel, mais pour l’Amérique, je n’ai jamais été aussi plein d’espoir que nous y parvenions.» Inconnu il y a encore quatre ans, Barack Obama , 47 ans, a rendez-vous avec les Etats-Unis ce mardi. Et il n’est plus question de promesses.

 

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