Propos recueillis par Philippe Berry

Un Airbus A320 a été contraint de se poser sur l’Hudson River, mardi près de New York. Tous les passagers sont sains et saufs, selon US Airways. Pour 20minutes.fr, un pilote d’Air France, qui préfère rester anonyme, réagit à chaud.

 
 

Le pilote visait apparemment un aéroport privé. Une rivière, ce n’est pas une bonne solution?

C’est la pire. Quand on doit faire un atterrissage d’urgence, l'eau est la dernière solution. Vraiment si on n’a pas d’autre choix, et qu’il n’y a pas de terrain vague, de champ et qu’il faut éviter des habitations.

 

Y a-t-il une technique particulière?

Pas vraiment. On ne peut pas s’entraîner en conditions réelles. Il faut essayer d’arriver le plus lentement possible, le plus plat possible de sorte que l’avion glisse pour perdre de la vitesse. Mais en général, il s’arrête net ou presque. En tant que pilote, on redoute tous d'avoir à vivre ce cauchemar un jour.

 

Ca se passe mal en général?

Les cas qui se sont bien terminés sont rarissimes, quelques uns tout au plus. Si c’est confirmé qu’il n’y a pas eu de victimes, c’est un vrai miracle. En général, tout le monde ou presque meurt. Quand l’avion touche l’eau, entre les réacteurs, les ailes... Il suffit que la symétrie de l’appareil bouge d’un rien pour que tout soit arraché. Si ça se passe bien comme ici, pour les passagers, ça a dû être l’équivalent d’un crash en voiture à 100 km/h. Les têtes ont pu percuter le siège de devant, mais s’il n’y a même que des commotions, c’est miraculeux.