SYNTHESE - La journée de samedi a été marquée par une forte mobilisation, notamment à Paris et à Londres, alors que les Etats-Unis seraient désormais d'accord pour appuyer un cessez-le-feu...
La mobilisation
En France
Selon le ministère de l'Intérieur, 123.000 personnes (93.000 en province, 30.000 à Paris) ont manifesté samedi en France dans 130 villes pour soutenir les Palestiniens de Gaza. Entre
30.000, selon la police, et 100.000 personnes, d'après les organisateurs, ont manifesté dans les rues de Paris.
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Cette manifestation avait été placée sous haute surveillance -
3.800 policiers et gendarmes étaient mobilisés - pour éviter les incidents (pillages, voitures brûlées, actes de vandalisme) qui avaient éclaté après la marche du 3 janvier.
D'autres manifestations en France, où
80 rassemblements étaient prévus, ont réuni des dizaines de milliers de personnes. Des incidents ont éclaté à Nice où de jeunes manifestants ont brisé les vitrines d'un Mc Donald's et jeté des pierres contre le casino Ruhl «parce que c'est juif», selon l'un d'eux.
A l’étranger
A
Londres, quelque 12.000 personnes selon la police -100.000 selon les organisateurs- se sont rassemblées en début d'après-midi près de Hyde Park. Le cortège, emmené par des artistes et hommes politiques de gauche, s'est ensuite dirigé vers l'ambassade israélienne où des affrontements ont éclaté avec la police.
Dans les pays nordiques, plus de 10.000 personnes ont manifesté, selon la police. Il s'agit de
la mobilisation la plus importante en Scandinavie depuis le début du conflit. Des incidents ont émaillé la manifestation à Oslo, qui a rassemblé 2.000 personnes, avec des tirs de feux d'artifice et des jets de pierres, qui ont fait deux blessés. La police a répondu en dispersant la manifestation à l'aide de gaz lacrymogènes.
En
Allemagne, près de 24.000 personnes ont manifesté dans différentes villes du pays, dont quelque 10.000, en majorité issues de la communauté turque, à Duisbourg (ouest), selon la police.
Quelques milliers de personnes dont de nombreux Palestiniens installés en Italie ont aussi manifesté à Milan et Turin (nord). Ils étaient 7.000 à Berne, 2.000 à Athènes et Salonique (nord de la Grèce), un millier à Budapest et autant à Sarajevo, et quelque 250 à Varsovie.
Des
manifestations de soutien à Israël sont prévues dimanche à Berlin, Londres, Prague. Des rassemblements pro-palestiniens doivent avoir lieu à Bruxelles et Madrid.
Négociations
Dans un effort pour presser le
Hamas à accepter un cessez-le-feu avec Israël, le président américain
George W. Bush a appelé samedi son homologue turc Abdullah Gül. «Le président Bush a mis l'accent sur l'importance de parvenir à une fin des tirs de roquettes contre Israël et de la contrebande d'armes par le Hamas en tant que préalables à un cessez-le-feu durable», a indiqué un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe, dans un communiqué relatant la conversation téléphonique entre les deux dirigeants.
De son côté, l’
Union Européenne se veut confiante sur la position inflexible qu’observent les Etats-Unis depuis le début de l’offensive. Alors qu’ils s'étaient abstenus jeudi de voter la résolution 1860 du Conseil de sécurité appelant Israël et le Hamas à un
cessez-le-feu, les Etats-Unis n’y seraient plus opposés.
Lors d'un entretien téléphonique, le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, qui exerce la présidence tournante de l'UE, et George Bush «se sont dit être du même avis quant à la nécessité de restaurer un cessez-le-feu dans les plus brefs délais et d’entamer les actions humanitaires tout en empêchant le trafic d’armes à destination de Gaza», souligne un communiqué.
La situation reste cependant très tendue.
Israël a menacé d'intensifier ses attaques dans la bande de Gaza alors que son offensive, entrée samedi dans sa troisième semaine, a fait
plus de 821 morts. Israël a décidé de ne pas tenir compte d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat.
Au Caire, où une délégation du
Hamas était reçue par le président Hosni Moubarak, les discussions se poursuivent. Le président égyptien a proposé un plan prévoyant
«un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée», permettant l'établissement de couloirs humanitaires et laissant le temps à l'Egypte d'oeuvrer pour un cessez-le-feu «global et définitif». une initiative appuyée par le président palestinien
Mahmoud Abbas. Celui-ci, qui n'exerce aucun contrôle dans la bande de Gaza d'où il a été délogé par le Hamas en juin 2007, a exhorté le mouvement islamiste à accepter «sans hésitation» le plan égyptien. Un émissaire israélien,
Amos Gilad, doit retourner au Caire «lundi ou mardi» pour discuter du plan égyptien, selon les médias israéliens.
Avec agence