Communication ou propagande, chacun se fera son avis. Depuis lundi, l’armée israélienne a sa propre chaîne YouTube, où elle diffuse des vidéos de raids aériens et d’attaques (pour certaines, du jour-même) qu'elle mène contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza .
Ces vidéos ont pour but de «contribuer à porter notre message au monde», explique le bureau de presse des Forces de défense israéliennes (FDI) sur la page. Mardi, on comptait 2.000 abonnés.
Parmi ces bandes, qu’on jurerait tout droit sorties d’un jeu vidéo, figurent notamment des vues aériennes d'attaques contre ce qui est décrit comme des sites d'où sont tirées des roquettes, des entrepôts de stockage d'armes ainsi qu'un complexe du gouvernement du Hamas et des tunnels servant à la contrebande.
L'une d'elles affiche même un niveau de zoom impressionnant: on peut voir des hommes charger dans une jeep ce qu'Israël présente comme des missiles. La vidéo s'interrompt quelques secondes avant de reprendre par une explosion; il est difficile à dire si l'attaque a frappé le véhicule ou un autre endroit.
Certaines des vidéos ont été supprimées par YouTube. «Nous sommes déçus que YouTube ait enlevé certaines de nos vidéos exclusives montrant le succès opérationnel des FDI dans l'opération 'Plomb durci' contre les extrémistes du Hamas dans la bande de Gaza», écrit le bureau de presse des Forces de défense israéliennes, qui se félicite cependant que certaines aient été remises en ligne.
Contacté par 20minutes.fr, Google (qui a racheté YouTube en 2006) explique que «chaque minutes, 13 heures de vidéos sont uploadées sur YouTube». Le système de modération se fait avant tout via «les utilisateurs qui signalent un contenu qu’ils estiment inapproprié, permettant à YouTube de passer en revue les vidéos polémiques et de retirer celles qui violent les règles de conduite». Pour les vidéos de l’armée israélienne, Google (qui refuse de se prononcer sur leur caractère polémique) affirme qu’elle «ont été remises en ligne». Et de conclure: «Ca arrive qu’une vidéo soit retirée par erreur».
Les commentaires ont été désactivés dans la plupart des vidéos de l’armée israélienne. Dans les rares où ils sont encore autorisés, ça dérape allègrement entre attaques antisémites ou dénonciation «d’un génocide en cours à Gaza», le tout entrecoupé de citations bibliques censées indiquer la position de Dieu dans un sens ou l’autre.