PROCHE-ORIENT - Au quatrième jour de bombardement, Israël doit examiner une proposition de cessez-le-feu soumise par Bernard Kouchner…
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak «envisage favorablement» une proposition de cessez-le-feu de 48 heures dans la bande de Gaza, a indiqué mardi à l'AFP son porte-parole.
Le porte-parole, Moshe Ronen, a dit faire référence à une proposition qui aurait été avancée par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner d'une trêve pour motifs humanitaires tandis que l'UE a dit son intention d'envoyer «très prochainement» une délégation ministérielle dans la région et que la radio israélienne parle d'une visite possible de Nicolas Sarkozy -pour l'instant confirmée ni par l'Elysée, ni par l'Etat hébreu.
Le ministère de la Défense a néanmoins souligné qu'une telle perspective de suspension des hostilités «n'empêcherait pas Israël de préparer une offensive terrestre».
Le Premier ministre Ehud Olmert, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et le ministre de la Défense Ehud Barak devaient se rencontrer ce mardi soir pour une évaluation de la proposition française de cessez-le-feu. Le Hamas a pour sa part menacé de frapper le territoire israélien plus en profondeur avec ses roquettes si l'Etat hébreu poursuivait son offensive.
«Nous disons aux dirigeants de l'ennemi: si vous continuez votre assaut, nos roquettes frapperont plus en profondeur que les villes que nous avons déjà touchées», a déclaré lors d'une conférence de presse à Gaza un porte-parole au visage masqué de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam.
La diplomatie française entre en jeu
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont appelé mardi à Paris à un «cessez-le-feu permanent» à Gaza, permettant un «accès humanitaire», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. «Nous souhaitons un cessez le feu, qu'il soit permanent, qu'il soit respecté, avec un accès humanitaire bien sûr parce que les victimes sont nombreuses et il faut s'assurer des secours et puis aussi un retour au processus de paix», a précisé le ministre, lors d'une interruption de la réunion des 27. >> Reportage: «Personne n'est à l'abri du danger à Gaza»
Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères du Quartette (Etats-Unis, UE, ONU, Russie) et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ont demandé mardi un cessez-le-feu immédiat à Gaza qui soit «pleinement respecté», selon un compte-rendu publié par l'ONU à l'issue d'une conférence téléphonique des membres. En Egypte, le président Hosni Moubarak a lui aussi appelé à l'arrêt immédiat des raids israéliens.
Israël ne veut pas de cessez-le-feu mais la fin du terrorisme
Sur le terrain, les forces terrestres israéliennes se tiennent prêtes à intervenir dans la bande de Gaza. «Les forces terrestres sont prêtes à agir. Tout le monde est en place sur le terrain», a déclaré la porte-parole de l'armée, Avital Leibovitz. Au total, 368 Palestiniens, en majorité des membres du Hamas, ont été tués et plus de 1.700 blessés dans les attaques israéliennes depuis samedi, selon un nouveau bilan fourni par le chef des services d'urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein.
Les dirigeants israéliens affirment que l'opération «plomb durci», d'une violence inédite depuis l'occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967, vise à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays. «Ce que nous voulons ce n'est pas un cessez-le-feu mais un arrêt du terrorisme», a déclaré le président Shimon Peres lors d'une intervention au ministère de la Défense à Tel-Aviv. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a pour sa part affirmé que les opérations en cours étaient «la première phase parmi plusieurs autres déjà approuvées par le cabinet de sécurité».
De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas rencontrera mercredi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en Jordanie pour discuter de l'offensive israélienne/
Des milliers de manifestants en France
Plusieurs milliers de personnes - 3.500 selon la police, 5.000 selon les organisateurs - ont manifesté mardi dans le centre de Paris pour protester contre l'opération militaire israélienne en cours à Gaza. En fin d'après-midi, derrière une banderole géante qui proclamait «Paris-Gaza-Beyrouth-Kaboul-Bagdad-Jénine, Résistance!», les manifestants se sont rassemblés devant la tour Montparnasse et ont pris dans le calme la direction du quai d'Orsay, où la manifestation doit se disperser dans la soirée.
Lundi déjà, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté dans plusieurs villes de France, dont Lyon, Montpellier, Toulouse ou Rennes, pour exiger l'arrêt des attaques israéliennes sur Gaza.
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