«Personne n'est à l'abri du danger à Gaza»

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Publié le 3 janvier 2009.

REPORTAGE - Les bombardements n'épargnent pas les civils dans ce territoire à forte densité de population...

A Gaza, les rues sont désertes, mais le bruit omniprésent: celui des ambulances fonçant à toute allure, celui des drones et des hélicoptères dans le ciel, et surtout celui des explosions. Quatre jours maintenant que l'aviation israélienne pilonne sans discontinuer ce territoire palestinien et l'inquiétude se lit sur les visages: combien de temps cette offensive massive va-t-elle encore durer? La présence de chars à la frontière avec Israël et la mobilisation de milliers de réservistes laissent les Gazaouis sans illusions. Le pire n’a pas fini d’empirer.

Depuis samedi, les bombardements ont, selon un bilan provisoire, fait 380 morts et 1.750 blessés dont plus de la moitié sont encore hospitalisés dans les neuf hôpitaux ou centres sanitaires de la bande de Gaza, complètement saturés. Certains blessés sont par terre, faute de place. Les plus grièvement touchés - près de 190 – attendent d’être transférés dans des établissements mieux équipés à l'étranger. Si l'Egypte a accepté de les laisser passer via le terminal de Rafah, seuls dix-neuf patients ont pu être acheminés depuis lundi. La circulation des transports sanitaires est rendue difficile par les bombardements et 50% des ambulances sont en panne, selon le ministre de la Santé du Hamas.

Coincés entre la Méditerranée et leurs frontières fermées

Or, le bilan ne cesse de s'alourdir. Ce mardi, Tsahal a de nouveau bombardé l'ensemble des ministères du mouvement islamiste, blessant au passage 22 habitants. Dans ce territoire concentré, à forte densité de population, les attaques aériennes visant les infrastructures du Hamas ne peuvent épargner les habitations alentour et donc les civils. D'autant que les villages et les quartiers de Gaza voient affluer les habitants de la frontière, qui anticipent l'arrivée des chars israéliens. Pour l'instant, au moins une soixantaine de civils ont trouvé la mort, alors que les leaders du Hamas, premiers visés, se terrent.

L'aide humanitaire s'achemine lentement, l'Etat hébreu ayant autorisé le passage par Kerem Shalom de 43 camions lundi et de 60 ce mardi. Mais l'arrivée de médicaments et de nourriture ne suffira pas à combler les besoins d'un territoire exsangue, privé de tout depuis la mise en place du blocus israélien après la prise du pouvoir par le Hamas en juin 2007. En plus d'une pénurie de carburant, de gaz et d'électricité, les Gazaouis doivent faire face à une brusque montée des prix des denrées alimentaires. Tsahal a en effet bombardé et détruit une grande partie des tunnels qui reliaient la bande de Gaza à l'Egypte, utilisés pour approvisionner le Hamas en armes mais aussi en alimentation.

Coincés entre la Méditerranée et leurs frontières fermées, les 1,5 million d'habitants (1) de Gaza n'ont d'autre choix que d'attendre, de résister ou d'espérer une mobilisation internationale et une médiation extérieure, qui mettra fin aux combats. Le souvenir de Beyrouth bombardé pendant un mois à l'été 2006 fait frémir. Mais au moins les Libanais pouvaient fuir…

(1) Estimation juillet 2008.

De notre correspondant à Gaza, Radjaa Abou dagga
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