ITALIE - Pour rallier les suffrages, un syndicat étudiant italien a revendiqué plus d'autonomie via un message explicite...
L’Unione Universitari est un syndicat étudiant italien mineur, classé à l’extrême droite. Pas forcément en pointe sur la tolérance, l’organisation l’est beaucoup plus dans le domaine de la communication «choc».
Elle a réussi à remporter les élections étudiantes à l
’Ecole polytechnique de Turin en se basant sur une simple équation: facteur y (plus de places en résidence universitaire) multiplié par facteur x (la possibilité d’une vie sexuelle plus intense) égale un atout séduction incomparable pour les étudiants italiens, qui souhaitent dans l’ensemble plus d’autonomie.
L'Unef simule aussi l'acte sexuel
Ce message simple était porté par une affiche explicite: un couple en plein ébat au beau milieu de lit parental - papa et maman dormant de chaque côté -, et bordé par ce slogan: «Certaines personnes pensent que les étudiants n’ont pas besoin de leur propre espace... nous ne sommes pas d’accord.»
Trop audacieux les étudiants italiens? Allez, n'affligeons pas nos voisins transalpins d'accusations de voyeurisme et de populisme, cette affiche est tout simplement
le copier coller d'une campagne française de l'Unef de février dernier dénonçant la pénurie de logements étudiants. Elle-aussi réussie, Valérie Pécresse, pas puritaine, avait annoncé le déblocage de 620 millions d'euros par la suite.
Ces étudiants italiens qui ne coupent pas le cordon
A Turin, les autres syndicats étudiants ont crié au racolage actif. Fernando Moretti, porte-parole de la formation, s’est expliqué: «Nous avons gagné l’élection sur nos idées, pas grâce à ce poster très chaud. L’extrême droite est constamment sous le feu des critiques, mais nous voulons démolir cette image de nazillons, fascistes et losers. Ce que cette élection montre, c’est que quand nous nous dévoilons vraiment, nos idées ne sont pas si mauvaises.»
L’affiche du scandale a cependant lancé une question de fond. Il y a dix ans, un sondage de
l’Institut Gramsci de l’Université de Turin montrait que 80,1% des étudiants italiens vivaient chez leurs parents et que... 0% habitait en cité universitaire. En France,
selon l’Observatoire de la vie étudiante et une enquête réalisée en 2003, seuls 38% des étudiants vivent au domicile parental, alors que près de 12% habitent en résidence universitaire et 29% vivent en location, seul ou en couple.
M.Gr.