Jamais lancer de chaussures n'avait tant fait parler. Depuis dimanche soir, le geste d'un journaliste irakien ayant lancé ses souliers sur Bush, venu à l'occasion d'une visite d'adieu inopinée, passe en boucle sur toutes les chaînes de télé irakiennes et arabes. Et à Bagdad hier, chacun y allait de son commentaire : les uns condamnant le geste du reporter de la chaîne al-Bagdadia au motif que « cela peut détruire l'image des Irakiens », comme cette femme l'a confié à l'AFP, les autres, au contraire, s'en félicitant. Hier, à Sadr City, le bastion des milices extrémistes de Moqtada al-Sadr, les manifestants célébraient l'initiative aux cris de « Bush, espèce de vache, félicitations pour la chaussure ! »
En Irak, comme dans le monde arabe, lancer une chaussure à quelqu'un est la manifestation d'un profond mépris. C'est d'ailleurs à coups de chaussures que les Irakiens avaient déboulonné la statue de Saddam Hussein en avril 2003. A l'encontre du président américain le plus détesté de l'histoire, responsable de l'invasion de l'Irak en 2003, le geste est loin d'être anodin. La preuve ? La réaction de la Libye, jamais à court de provocations. Hier, une association présidée par la fille de Kadhafi a décidé de décorer le journaliste de « l'ordre du courage ».