Disparition d'Ophélie: le combat d'un père

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Publié le 13 février 2009.

TEMOIGNAGE - Il lance «un appel à témoins auprès des touristes étrangers»...

Ophélie Bretnacher, étudiante de 22 ans, terminait son programme Erasmus à Budapest. Elle a disparu depuis le jeudi 4 décembre. Sa famille se bat de toutes ses forces pour trouver le moindre indice. Francis Bretnacher, son père basé à Vienne (Autriche), revient pour 20minutes.fr sur sa démarche.

Avez-vous du nouveau?
Par rapport aux premières conclusions de la police hongroise, vendredi dernier, non. Sur les caméras de surveillance, on voit Ophélie arriver à 3h du matin place Roosevelt, du côté Pest. A 3h30, deux étudiants trouvent son sac. Entre-temps, on ne sait pas ce qui a pu se passer.

La police hongroise évoque une chute dans le Danube...
Je ne vois pas vraiment comment elle aurait pu chuter du pont des Chaînes. Des milliers de personnes l’empruntent chaque jour. Et elle a pu finir le trajet en voiture.

Même si elle avait un peu bu...

On la voit marcher sur la vidéo. Elle ne titube pas, elle marche d’un pas ferme. Quant à l’hypothèse du suicide, je n’y crois pas une minute. En tant que père, c’est inconcevable. Bien sûr, la police hongroise ne peut l’exclure à 100%. Mais son petit copain, sa mère et moi, on l’a eu au téléphone le soir de sa disparition. Elle allait bien, elle était heureuse. Et ravie aussi de revenir à Vienne pour travailler en janvier prochain.

Vous penchez toujours pour un enlèvement crapuleux?
Oui.

Vous lancez un appel à témoins...
On a beaucoup démarché les habitants de Budapest, la police hongroise a cherché des témoins dans la population locale, dans la zone de sa disparition. Ce qu’on cherche à faire maintenant, c’est contacter les touristes, les voyageurs qui étaient à Budapest et notamment dans la zone de sa disparition le 4 décembre. Le pont des Chaînes est un lieu incontournable constamment emprunté, à pied ou en voiture.

Leur aide serait précieuse?
Des promeneurs nocturnes pourraient nous dire s’ils l’ont vu ou non à 3h du matin. Au total, on cible près de 15.000 personnes qui ont emprunté l’aéroport de Budapest cette semaine là, les clients des hôtels environnants (le Four Season, le Sofitel…) et du casino, les chauffeurs de taxi, les éboueurs, les sociétés de gardiennage et les sans-abri.

Vous misez notamment sur la place Roosevelt...

Oui. Ce n’est pas le lieu le mieux fréquenté de la capitale... Mais elle est passée par là, et il y a toujours de la circulation. On vise des gens qui n’ont pas osé s’exprimer auprès de la police, mais qui ont peut-être une info sérieuse qui permettra de retrouver Ophélie. Nous offrons aussi une récompense de 7.700 euros, c’est ce que la famille a réussi à réunir pour l’instant.

Comment se passe votre relation avec la police hongroise?

Bien. Au début, j’avais un peu peur qu’une étudiante étrangère qui disparaît ne soit pas une priorité, j’étais inquiet. Maintenant j’ai confiance. Malgré la barrière de la langue, ils nous tiennent bien régulièrement au courant. Je ne cherche pas à leur marcher sur les pieds. Nous retournerons à Budapest avec ma femme en fin de semaine.

Comment vous sentez-vous?
Je m’accroche. Si je ne tiens pas sur ce coup-là, je le regretterai toute ma vie. Et je dois dire qu’on a un soutien incroyable, tous ces jeunes, tous ces gens de son école Sup de Co Reims, des Arts&Métiers (où étudie le petit ami d'Ophélie), de la faculté hongroise Corvinus, de tous ses amis en France. C’est vraiment bienvenu.
Recueilli par Mathieu Grégoire
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