Quelques heures auparavant, les 27 Etats membres de l'UE avaient trouvé un accord sur le plan climat qui les amènera à réduire de 20% leurs émissions polluantes d'ici 2020, et appelé le reste du monde à les rejoindre dans le futur accord de Copenhague.
Dans la foulée, les Etats signataires de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (CNUCC) ont adopté la feuille de route pour les douze mois qui viennent.
Des avancées étaient encore attendues sur la question cruciale des financements destinés aux pays en développement afin de les aider à s'adapter aux nouvelles conditions créées par le réchauffement.
Le rendez-vous polonais, qui a rassemblé depuis le 1er décembre plus de 12.000 délégués, a pâti de l'incertitude sur l'adoption du plan européen et de l'entre-deux américain, les Etats-Unis étant représentés pour la dernière fois par l'administration Bush, qui a toujours refusé tout accord multilatéral contraignant.
Commentant l'accord européen, Yvo de Boer, le plus haut responsable des Nations unies pour le climat, a salué un signe «de détermination et de courage»: «Cela contribuera à propulser le monde vers un accord fort, ambitieux et qui pourra être ratifié à Copenhague en 2009».
John Kerry, le président de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain délégué à Poznan par le futur président Barack Obama, a également salué «une énorme démonstration de leadership» et un «exemple fantastique».
«L'Europe nous dit à tous aujourd'hui: On peut le faire, voici comment», a jugé Kerry.
Ces satisfécits ont fait écho à la fierté affichée à Bruxelles par le président français Nicolas Sarkozy: «Il n'y a pas un continent au monde qui se soit doté de règles aussi contraignantes».
Arrivé dans la dernière ligne droite vendredi à Poznan, le prix Nobel de la Paix, Al Gore, a soulevé l'enthousiasme de son auditoire: alors que «les progrès ont l'air douloureusement lents», l'ancien vice-président américain a insisté sur «les raisons d'espérer et d'être optimistes (qui sont) plus importantes que les raisons de douter et d'être découragés».
«Oui, nous pouvons le faire!» a-t-il lancé, couvert par les applaudissements en reprenant le slogan de la campagne Obama: «Yes we can!».
Le futur traité de Copenhague devra déterminer la part d'efforts de chacun, pays industrialisés et en développement.
A ce jour, seuls les 37 pays industrialisés (tous, sauf les Etats-Unis) qui ont ratifié le Protocole de Kyoto sont soumis à des contraintes de réduction de leurs émissions polluantes sur la période 2008-2012.