Le Farc repenti a atterri à Paris

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Publié le 10 décembre 2008.

COLOMBIE - Isaza, ex-guérillero qui a permis la libération d'un otage politique, est le premier à être accueilli sur le sol français...

Isaza pose ses valises à Paris. L'ex-combattant des Farc qui avait permis la fuite d'un des otages politiques de la guérilla colombienne a atterri ce mercredi à Roissy, à 11h11. Il avait embarqué mardi en fin d'après-midi, accompagné de sa compagne, et d'Ingrid Betancourt.

A Bogota, le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a estimé que «le gouvernement a tenu sa promesse. La promesse d'Alvaro Uribe. Isaza et sa compagne Lilia Isabel se réveilleront (...) à Paris pour refaire leur vie».

Aucune poursuite judiciaire

Ce départ intervient après la décision d'Isaza «de se démobiliser avec l'otage Oscar Tulio Lizcano», a-t-il poursuivi: «C'est pour cela que nous avons décidé de le récompenser». Un voyage rendu possible par l'abandon de toute poursuite par le parquet général colombien.

Paris avait en effet manifesté à plusieurs reprises sa «disponibilité» à accueillir «au cas par cas» des ex-membres des Farc. La condition posée était qu'ils «renoncent à la lutte armée» et ne soient «pas poursuivis par la justice».

Un visa et un magot

Isaza est le premier guérillero à bénéficier de ce «droit de séjour». Il n'arrive pas les mains vides, puisqu'en plus de son visa pour la France, il a reçu mardi la somme de 434.000 dollars, tirés d'un fonds colombien créé pour récompenser des guérilleros qui permettraient la libération d'un otage.

Le Haut-commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, qui a participé aux démarches pour son départ, a déclaré à l'aéroport qu'il avait également reçu une «aide humanitaire» de 3.000 euros pour son installation et que les autorités colombiennes lui verseraient pendant un certain temps une allocation mensuelle de 1.600 euros.

Reste à savoir le statut dont bénéficiera Isaza en France. Interrogé à ce sujet sur l'antenne d'Europe 1, Bernard Kouchner n’a apporté aucune précision à ce sujet. Quant à savoir combien d'autres repentis la France est prête à accueillir, le ministre français des Affaires étrangères a estimé que «les Colombiens doivent souhaiter qu'il y en ait le plus possible», ajoutant toutefois: «Ça n'ira pas très loin à mon avis.»
J.M. avec agence
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