La Thaïlande au bord du chaos

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Publié le 27 novembre 2008.

REPORTAGE - Des milliers de touristes de tous horizons sont sans assistance ou presque dans l'aéroport international de bangkok...

Voilà près de trois jours que l’aéroport international de Bangkok est coupé du monde, pris d’assault par des milliers d’opposants au Premier ministre Thaïlandais, Somchai Wongsawat. La situation a encore empiré ce jeudi matin avec la fermeture du deuxième aéroport de Bangkok qui permettait encore quelques vols nationaux et internationaux.

>> Lire notre décryptage sur la crise en Thaïlande

Sur place c’est ubuesque. Des milliers de touristes de tous horizons sont sans assistance ou presque tandis que les autorités portuaires sont complètement dépassées par la fermeture historique de l’aéroport ultramoderne de Bangkok. Les touristes errent donc dans les allées de l’aéroport, avachis sur les consignes ou sur leurs bagages, quelques chanceux ayant pu s’allonger sur les chaises qui se trouvent dans le hall principal de l’aérogare.

Touristes agacés contre militants armés

Avec le risque que cela dégénère entre des touristes agacés d’être pris en otage par les militants d’un mouvement qu’ils ne connaissent pas et ces mêmes militants qui arpentent l’enceinte de l’aéroport, pour certains armés de battes de base-ball et de barres à mine. La télévision thaïlandaise a diffusé des images de touristes prenant à part des manifestants. Sans que cela ne dégénère, jusqu’ici.

A l’extérieur de l'aéroport, la situation est explosive. La police se tient à distance pour éviter toute confrontation avec les manifestants, d’autant plus que certains sont probablement armés. Personne ne souhaite un conflit ouvert et des dizaines de morts ou de blessés dans un endroit aussi stratégique que l’aéroport international.

Le Premier ministre retranché au Nord du pays

Les manifestants sont en effet prêts à en découdre coûte que coûte dans un dernier baroud d’honneur face à un Premier ministre qui a trouvé refuge dans le nord du pays, trop craintif pour rejoindre la capitale et les quelques milliers de manifestants qui ont pris le pays et ces institutions en otage.

Si le chef des armées, le général Anupong Paochinda continue d’affirmer aux médias qu’il ne souhaite pas commettre un coup d’Etat pour sortir de la crise, on ne voit pas comment le gouvernement pourrait sortir du statu quo actuel et rétablir l’ordre public sans l’aide de l’armée. Or, le général Anupong s’est publiquement opposé au Premier ministre qu’il a invité à démissionner mercredi après-midi, lors d’une conférence de presse.

Peur d’un coup d’Etat

Ces dernières heures de nombreuses rumeurs ont fait état de mouvement de troupes dans les casernes de la capitale thaïlandaise. En réponse, le Premier ministre a demandé aux militaires de rester dans leur caserne en leur affirmant qu’aucun limogeage des commandants en chef de l’armée n’interviendra.

De tels palabres illustrent bien la volatilité de la situation. Le pire est donc à craindre dans les heures et jours à venir, la situation ne pouvant rester dans l’impasse. L’ambassade de France vient d’envoyer des SMS aux Français enregistrés auprès d’elle pour les inviter à rester chez eux ce soir, de peur d’une menace imminente de coup d’Etat.

Vous êtes sur place ou quelqu'un de votre famille est coincé à Bangkok, envoyez vos témoignages, vos photos, vos vidéos, par SMS au 33320, ou par email au 33320 @ 20minutes.fr

A Bangkok, Frédéric Belge
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